1º Le préfixe as- étant plus populaire que savant, dans tous les composés, sauf as-similer et ses dérivés, on devrait ne prononcer qu’un s[801]. Toutefois, je ne vois guère que a(s)saut, a(s)sembler et a(s)semblage, a(s)seoir, a(s)siéger, a(s)siette et a(s)sise, a(s)sez, a(s)surer et ses dérivés, qui soient à peu près intacts. Les plus atteints sont as-sagir, as-sainir, as-sécher, as-séner (pour a(s)sener), as-sentiment, as-sermenté, assertion, as-servir, as-sidu et as-siduité, as-signer et as-signation, as-sombrir, as-somption, as-sonance, as-sourdir, as-souvir et as-sumer. Mais pas plus dans ceux-là que dans les autres, il n’est indispensable de prononcer deux s.
2º Au contraire, le préfixe dis- étant expressément un préfixe savant, les composés font entendre généralement deux s. Il n’y a d’exception incontestable que pour di(s)siper et ses dérivés et di(s)soudre[802]; mais on fera bien de prononcer aussi avec un seul s di(s)solu[803], di(s)serter et di(s)sertation, di(s)simuler et di(s)simulation[804], voire même di(s)séminer, di(s)sension ou di(s)sentiment, ces mots étant d’un usage fort général[805].
3º Aux préfixes as- et dis- on peut ajouter intus- et trans-, dans intus-susception, trans-sudation ou trans-substantiation.
4º Il n’y a plus qu’un certain nombre de mots plus ou moins savants où l’on prononce deux s: as-sa fœtida, pas-sible et impas-sible, pas-sif et ses dérivés (sauf en grammaire) et pas-siflore, clas-sification et quelquefois clas-sique, et aussi juras-sique[806];—tes-sère et pes-saire, es-sence (au sens figuré) et ses dérivés, inces-sible et immarces-sible, et les composés en pres-sible; congres-siste et progres-siste, qui, avec proces-sus, réagissent sur progres-sif, proces-sif et quelques mots en-essif; mes-sidor, ses-sile, pes-simiste et pes-simisme, et au besoin es-souflé ou es-saimer;—les mots en is-sible et leurs dérivés, et, si l’on veut, les mots en is-sime et is-simo, avec commis-soire, fis-sipare et fis-sipède, et bys-sus, auxquels on joint quelquefois fis-sure et bis-sextile;—enfin glos-saire, os-sature, os-sification, os-suaire et quelquefois os-seux, avec fos-sile et opos-sum[807].
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Nous savons que le groupe anglais sh équivaut au ch français à toute place: shelling, shocking ou shampoing, english, mackintosh ou stockfish[808]. A la vérité fashion se prononçait aussi bien fazion à la française, que facheune, à l’anglaise, et de même fashionable; mais ces deux mots sont tout à fait tombés en désuétude.
C’est aussi au ch français que correspondent le groupe germanique sch[809], le danois sj, le polonais sz et l’s hongrois[810].
T
1º Le T final.
A la fin des mots, le t, comme l’s, en principe ne se prononce pas: acha(t), avoca(t), étroi(t), bonne(t), livre(t), tombai(t), crédi(t), peti(t), calico(t), tripo(t), prévô(t), défau(t), ragou(t), institu(t), cha(t)-huan(t), vacan(t), accen(t), événemen(t), sain(t), poin(t), fron(t), défun(t), dépar(t), concer(t), transpor(t), meur(t), accour(t), etc., etc.[811]. Les exceptions sont même beaucoup plus rares que pour l’s parmi les mots proprement français. Naturellement elles affectent surtout des monosyllabes, qui sont en quelque sorte renforcés ou élargis par cette prononciation.