Enfin l’s est doux dans nansouk[796].

3º L’S double.

L’s double final se prononce comme l’s dur, mais il abrège la voyelle qui précède: ray-grass, mess, express, miss, etc.

L’s double intérieur, qui n’a jamais le son doux, représente d’abord assez souvent un s simple, qu’on a doublé après un e dans certains composés, uniquement pour empêcher que le son doux ne remplace mal à propos le son dur, entre deux voyelles.

Nous avons vu tout à l’heure qu’après é fermé on se contentait souvent d’un seul s en pareil cas, malgré le danger d’adoucissement: pré-séance, dé-suet; mais on écrit avec deux s, et peu de logique, pre(s)sentir et pre(s)sentiment[797].

Après un e muet, un seul s a suffi encore, dans quelques composés cités plus haut, comme entresol, havresac ou soubresaut; mais on met deux s à re(s)saut et à re(s)sauter, et partout après le préfixe re-, dans les mots de la langue écrite: re(s)sembler, re(s)sentir, re(s)sort, re(s)source, etc.[798], ainsi que dans de(s)sus et de(s)sous, sans compter re(s)susciter, dont l’e est fermé. Je ne sais si cet emploi de l’s double après le préfixe re- est très heureux, car s’il fait respecter le son de l’s, en revanche il fait altérer malencontreusement à beaucoup de personnes la prononciation de l’e muet lui-même, et le mal n’est guère moindre[799].

Il va sans dire que dans tous ces mots, que l’e soit fermé ou muet, on ne peut prononcer qu’un seul s, puisque l’s ajouté n’y est en quelque sorte qu’un signe orthographique conventionnel, destiné à maintenir le son dur ou sourd.

Mais on peut aller plus loin, et dire qu’en français, d’une façon générale, entre deux voyelles, l’s simple est un s doux et l’s double un s dur.

Cette distinction très nette a peut-être contribué à maintenir généralement la prononciation d’un s simple quand il y en a deux. Toujours est-il que l’s double se prononce simple beaucoup plus souvent que les liquides l, m, n, r, malgré la tendance générale que nous avons signalée si souvent. Il est rare qu’on prononce deux s dans les mots d’usage courant, qui sont très nombreux, et peut-être même ne l’a-t-on jamais fait dans les mots tels que a(s)seoir, pa(s)sage, va(s)sal, ma(s)sacre, e(s)sai, e(s)suyer, me(s)sie, me(s)sage, i(s)su, bo(s)su, fau(s)saire, bou(s)sole, hu(s)sard, etc. L’s reste simple notamment dans tous les composés de des-, comme de(s)saler, de(s)serrer, de(s)souder, et dans tous les mots en -seur, -sion, -soir ou -soire, quelle que soit la voyelle précédente: embra(s)seur, oppre(s)seur, régi(s)seur ou endo(s)seur, pa(s)sion, pre(s)sion, commi(s)sion ou percu(s)sion, pre(s)soir ou acce(s)soire.

Il y a pourtant des exceptions, cela va sans dire aussi notamment pour les préfices as- et dis-[800].