3º Après i, le t sonne encore presque toujours dans les mots qui viennent de mots latins en -itus et -itum: coït, introït, obit, bardit, aconit, rit (même mot que rite), prétérit, prurit et transit; mais on a cessé généralement de le prononcer dans subi(t) aussi bien que dans gratui(t). Il en est de même dans ci-gî(t). On le prononce encore le plus souvent dans granit, mais grani(t) se répand.

On le prononce aussi, naturellement, dans huit, avec la seule restriction, toujours la même, des pluriels commençant par des consonnes: page huit, in-dix-huit, le huit mai, et aussi, par liaison, huit hommes, mais hui(t) sous, hui(t) cents, hui(t) mille[818].

Enfin il doit toujours sonner dans les mots latins, francisés ou non, dans accessit, satisfecit et même déficit, malgré l’usage de quelques personnes, aussi bien que dans incipit, sufficit, explicit, exit et affidavit, ainsi que dans vooruit et dead-heat[819].

4º Après o, le t ne sonne plus aujourd’hui que dans dot, où il ouvre l’o, bien entendu. Cette exception paraît venir de ce que le mot avait autrefois deux formes, un masculin do(t) et un féminin dote (cf. aubépin et aubépine); le féminin se serait ici conservé avec l’orthographe du masculin. C’est d’ailleurs le seul mot en -ot qui soit féminin. Quoi qu’il en soit, la prononciation do(t) est aujourd’hui particulière au sud-ouest[820].

5º Dans les finales -aut et -ault, le t ne sonne jamais[821]; pas davantage dans -eut, ni dans -out et -oult, les mots étrangers, lock-out, vermout, knout, raout et stout, mais non racahou(t).

Surtout il ne doit pas plus sonner dans (a)(t) que dans debou(t), malgré l’usage de quelques provinces[822].

6º Après u, le t final sonne toujours dans un certain nombre de mots savants: azimut, cajeput, occiput, sinciput et comput, avec ut et caput; quelquefois aussi, mais à tort, dans scorbu(t) et précipu(t); de plus, dans les interjections chut et zut, et dans les monosyllabes lut, rut et brut[823]. La province y ajoute généralement un autre monosyllabe, but, malgré débu(t), mais à Paris on prononce toujours bu(t)[824].

7º Après les voyelles nasales (les mots en -ant et -ent sont particulièrement innombrables), le t ne sonne pas plus en français qu’après les voyelles orales, même si une autre consonne s’intercale, comme dans exem(pt), vin(gt), prom(pt), rom(pt), corrom(pt), interrom(pt).

Il a longtemps sonné dans ving(t), comme sonnaient l’s et l’x de trois et deux, conformément à l’usage de tous les noms de nombre; c’est aussi incorrect aujourd’hui que le serait cente pour cen(t), qui ne semble pas avoir jamais été dit. Toutefois le t de vingt sonne encore dans vin(g)t et un, par liaison, et aussi dans vin(g)t-deux, vin(g)t-trois, etc., malgré la consonne qui suit, soit par un souvenir de vin(g)t et deux, vin(g)t et trois, où se faisait la liaison, soit plutôt par analogie avec trente-deux, quarante-quatre, cinquante-sept, etc. Mais il ne sonne pas dans quatre-vin(gt)-un, -deux, -trois, etc., et cela se comprend: s’il sonnait par exemple dans quatre-vingt-trois, ce serait quatre fois vingt-trois, et non quatre fois vingt plus trois; il y a des siècles que cette distinction a été faite inconsciemment. Il est vrai que tous ces t, devant deux, deviennent nécessairement des d: vind deux; ce n’est pas une raison cependant pour prononcer vin(g)te-deux[825].

Le t sonne encore dans quelques mots étrangers, comme cant ou pippermint[826].