8º Restent les consonnes. Le t ne sonne pas après un r: écar(t), exper(t), ressor(t), cour(t), et aussi heur(t), où il a longtemps sonné; spor(t) lui même est francisé, et dog-car(t) à peu près; mais flirt garde son t, même quand on le francise[827]. En revanche, le t sonne après et avec les consonnes c, l, p, s.
Pour les mots en -ct, nous avons vu plus haut qu’il ne fallait plus excepter que les mots en -spect, ami(ct) et instin(ct), mais non exact, abject, verdict, district, succinct et distinct, ni aucun autre[828].
Les mots en lt ne sont pas des mots français: cobalt, malt, smalt, spalt, veldt, volt, sauf le vieux mot moult, et indult, où l’orthographe a rétabli la prononciation disparue de lt[829].
Si des mots en pt nous éliminons se(p)t, examiné tout à l’heure, où le p ne sonne pas, et les mots en -empt et -ompt, où ne sonnent ni p ni t, il reste trois ou quatre mots savants où les deux consonnes se prononcent: rapt, qui a longtemps flotté, concept, transept et abrupt[830].
Le groupe final st se prononce dans quelques mots, la plupart étrangers: hast (armes d’), ballast, to(a)st, est et ouest, lest, zist et zest, whist, ost et souvent compost. Il est muet dans le verbe e(st)[831].
Ajoutons pour terminer que l’h après le t final, qui d’ailleurs est toujours d’origine étrangère, ne change rien en français au son du t; mais naturellement le t suivi d’un h se prononce toujours: feldspath, aneth, zénith, mammouth, luth et bismuth[832].
2º Le T intérieur et le groupe TI.
Dans le corps des mots, le t se maintient difficilement entre deux consonnes, si la dernière n’est pas un r, comme dans astral. Aussi est-il devenu muet dans as(th)me et as(th)matique, is(th)me et is(th)mique, et même pos(t-s)criptum et parfois pos(t)dater: c’est toujours la répugnance du français à prononcer trois consonnes consécutives qui ne s’accommodent pas ensemble, et c’est ordinairement celle du milieu qui est alors écrasée entre les autres, à moins qu’elle ne soit un s[833].
Dans les mots en -iste, comme dans les mots en isme, le peuple laisse volontiers tomber la syllabe finale: artis(te), anarchis(te). Il dit de même prétex(te) ou insec(te): paresse de langage, qu’il faut éviter.
L’h ne change rien au t, bien entendu: t(h)éâtre, t(h)on, t(h)ym, at(h)ée, got(h)ique, etc.