[11] Ceci ne peut suffire que pour les poètes:
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes.
Mais quel E ou quel O? celui d’écho ou celui d’orge? Et les autres sons?
[12] Par exemple cacique, gigot, salutation.
[13] Ces questions sont certainement un peu arides. Mais le lecteur qui ne s’intéresse qu’aux faits, et ne tient pas à s’en rendre compte méthodiquement et par principes, peut très bien passer directement au chapitre de la voyelle A. Il reviendra ensuite sur les principes, si le cœur lui en dit. Je dirai même que pour le lecteur qui n’est pas initié, mieux vaut sans doute commencer par les faits: il comprendra mieux les principes après cette étude préliminaire, et c’est toujours une bonne méthode que d’aller du concret à l’abstrait.
[14] On voit que la voyelle fermée est aiguë, et que la voyelle ouverte est grave. On pourrait donc employer ces mots les uns pour les autres. Mais comme il convient de choisir, pour simplifier le vocabulaire, nous emploierons les deux termes ouvert et fermé, qui sont ceux dont les autres voyelles s’accommodent le mieux.
[15] Cette distinction est si nette que ces mots ne sauraient d’aucune façon rimer ensemble correctement, malgré l’exemple de V. Hugo, qui rapproche constamment trône de couronne, ou rôle de parole.
[16] Cette distinction n’apparaît pas d’abord manifestement; mais une expérience facile, indiquée par l’abbé Rousselot (voir son Précis de prononciation, page 39), montre que le mot est en somme parfaitement exact: si l’on prononce normalement la voyelle a, et si, sans rien changer à la position de la bouche, on en rapproche et retire alternativement la main, on sentira nettement ce que c’est qu’un a fermé; or la main fait ici l’office du gosier. Ajoutons, pour mieux caractériser encore l’a fermé, qu’il se rapproche de l’o, au moins à Paris.
[17] Il s’agit ici bien entendu du c et du g tels qu’on les entend devant a, o, u, et non transformés en d’autres consonnes, comme ils le sont devant e et i.
[18] On ne le retrouve guère que dans certaines parties du Midi et en Suisse. Peut-être y a-t-il encore des instituteurs qui s’efforcent de le rétablir sous la forme ly: alyeurs pour ailleurs, mais c’est autre chose, et c’est peine perdue. Il est encore plus vain de vouloir restaurer ce son disparu du français que de s’obstiner à faire vibrer l’r.