[19] Voir sur ce point Léonce Roudet, la Désaccentuation et le déplacement d’accent dans le français moderne, dans la Revue de philologie française, 1907.
[20] Voir Roudet, article cité. Toutefois l’auteur me semble réduire à l’excès le nombre des syllabes accentuées en fait. Il y a en moyenne un accent, plus ou moins fort, par groupe de trois syllabes, et c’est pourquoi il y a en moyenne quatre accents dans un alexandrin, l’accent étant sur la dernière syllabe non muette de chaque groupe. Ainsi dans ce vers:
Laissez-moi là, vous dis-je, et courez vous cacher,
il n’y a que quatre accents, mais il y en a quatre: sur là, dis, rez et cher.
[21] Acte de volonté qui devient d’ailleurs facile et même inconscient, grâce à l’habitude, mais qui n’en subsiste pas moins, comme ceux qui dirigent les doigts du pianiste, même dans les «traits» les plus faciles, où le jeu semble le plus machinal.
[22] On voit que l’accent dit aigu, quand il n’est pas final, surmonte presque toujours un e à demi ouvert; pourtant l’é initial est souvent moins ouvert que l’é intérieur.
[23] Je ne parle pas, bien entendu, des noms étrangers, comme Brahms, où l’h allonge l’a, à côté de rams, qui a l’a bref.
[24] Exactement et en fait, les groupes sont: bl, cl, fl, gl, pl, et br, cr, dr, fr, gr, pr, tr, vr. C’est ce que les grammairiens appellent muta cum liquida. Mais nous savons que les muettes sont b et p, c et g, d et t; f et v sont des spirantes (labiales ou fricatives). On voit qu’en principe, parmi les muettes, d, t, v, ne se groupent qu’avec l’r, en français; quant aux autres spirantes, s et z, ch et j, elles ne se groupent même pas avec l’r: quand par hasard elles en rencontrent un, comme dans Is-raël, ce qui est rare, elles n’appartiennent pas à la même syllabe.
[25] Les plus nombreuses sont précisément celles dont la première consonne est l ou r, comme -arbe, -arc, -arde, etc.
[26] On sait que cet accent tient presque toujours la place d’une lettre disparue, généralement un s, qui ne se prononçait plus, mais dont la présence allongeait la voyelle. Seulement, quand la syllabe qui a l’accent circonflexe est finale, l’allongement ne se fait plus sentir: aimât, forêt et bientôt (de même que reçût ou fît) ne se prononcent plus autrement qu’aima, foret et paletot. Il en est de même, disons-nous, de aimâmes et aimâtes, comme de fîmes ou reçûmes. Et ceci n’est pas nouveau: Mᵐᵉ Dupuis l’avait déjà constaté. Nous signalerons, en temps et lieu, les autres exceptions. D’ailleurs, comme les mots à accent circonflexe sur la finale ne sont pas très nombreux, on les trouvera tous dans les notes.