[37] On exclut, bien entendu, hâte, bâte, gâte, mâte et démâte, pâte, empâte et appâte, et hâte, qui tous ont perdu un s. L’a est douteux dans Pilate, seul parmi les noms propres: cf. Josaphat, Croates, Hécate, Agathe, Dalmates, Carpathes, Socrate, etc.

[38] De même Malgache, Gamache, Carrache, Eustache, etc. On excepte naturellement bâche, rabâche, fâche, gâche, lâche, relâche, mâche (substantif ou verbe) et tâche (ne pas confondre avec tache): tous avaient un s, sauf bâche et mâche (salade), qui ont pris l’accent circonflexe par analogie.

[39] Sauf pour rimer avec châsse et grâce, dont l’accent circonflexe est d’ailleurs assez mal justifié. Quant à crasse, il est toujours ouvert, et a toujours été bref, et je ne sais pourquoi Michaëlis et Passy distinguent ici l’adjectif du substantif: c’est le même mot. Savantasse a eu l’a fermé; il s’est ouvert, par analogie avec tous les mots où le suffixe asse prend un sens péjoratif. Masse, terme de jeu, a aussi été long. D’autres encore ont été longtemps discutés. Ajoutons que l’a est long dans Annemasse et Grasse, et bref dans le Tasse, comme dans tous les autres noms propres: Paillasse, Madécasses, Sargasses, aussi bien que Curiace, Ignace, Boccace, Daces, Laplace, Horace, Thrace, Alsace, etc.

[40] Le Dictionnaire général, qui s’en rapporte trop facilement à l’étymologie, conserve l’a ouvert et bref dans stras (du nom propre Strass) et vasistas (de l’allemand was ist das), et même dans hypocras; il ne distingue pas entre ce qui devrait être et ce qui est.

[41] Entendez le g guttural, et non le g chuintant qu’on entend dans ge et gi.

[42] Le Dictionnaire général le fait ouvert, et il a certainement raison en principe, sinon en fait. On se demande ce qui a pu amener cette prononciation singulière, qui remonte fort loin. Cet a finira probablement par s’ouvrir là comme ailleurs, un jour où l’autre, à cause du b, comme a fait l’o de globe et lobe, qui jadis était fermé aussi. L’a de Souabe est aussi bref que celui de Mab ou Achab.

[43] De même Joad, Tchad, Timgad, Alcibiade, Henriade, Pléiades, etc.

[44] L’a est moins ouvert dans Reichstag et Landtag, mots étrangers, que dans zigzag. Il est ouvert dans Agag, Copenhague, Birague, Prague, etc.

[45] Ce sont hâle, mâle et râle (verbe), qui ont perdu un s, avec râle, oiseau (pour raalle), châle et pâle, dont l’accent est peu justifié. On y joindra Bâle, qui a aussi perdu un s, et Domba(s)le, qui a gardé le sien: cf. Duche(s)ne, Ne(s)le, etc. Saint-Graal et Ruisdaël, où on ne prononce qu’un a, ont aussi la finale longue et fermée, et l’obligation de distinguer deux a paraît fermer à demi l’a final de Baal ou Transvaal. L’a est ouvert dans les autres noms propres, Montréal, Martial, Annibal, Portugal, Cantal, Lamballe, Cancale, Bengale, saint François de Sales, Ambarvales, etc.

[46] A ces mots il faut ajouter brahme, à cause de l’h, sans compter âme (pour an-me nasal), blâme et pâme, qui ont perdu leur s, et infâme (par réaction étymologique, et aussi par emphase, car il avait autrefois l’a bref, comme diffame). Pour ne pas trahir le poète, mais pour ce motif seulement, il faudra prononcer brame avec a fermé dans ces vers: