Eu s’écrit assez sottement œu, sous prétexte d’étymologie dans vœu, œuvre, etc.; il se réduit à œ dans œil et ses dérivés; il s’intervertit même en ue dans les mots en -cueil et -gueil.
[236] Il y a aussi des noms propres: Boïeldieu, Richelieu, Chaulieu, Montesquieu, Saint-Leu, etc. Pour les mots en eue, voir plus haut, page 56.
[237] Et les noms propres Andrieux, Des Grieux, Dreux, Évreux, auxquels on peut joindre Saint-Brieu(c) et Yseu(lt).
[238] C’est ainsi qu’on disait correctement, naguère encore, un œu(f) frais, un œu(f) dur, un œu(f) rouge, avec eu fermé, comme on dit encore aujourd’hui Neu(f)château, Neu(f)-Brisach, etc.
[239] Pour plus de détails sur l’f final, voir à la lettre F.
[240] Voir sur ce point le chapitre de l’R. Cette prononciation n’avait d’ailleurs rien de si extraordinaire: aujourd’hui c’est dans les mots en -er et -ier qu’on n’entend plus l’r: aime(r), premie(r). Nous allons revenir sur les mots en eur.
[241] Y compris Meuse, Creuse, Greuze, Chevreuse, etc.
[242] Eun, sans e muet final, est nasal dans à j(e)un et Jean de M(e)un(g).
[243] Ajoutez les noms propres Eudes, Pentateuque, Maubeuge, Reuss, Bayreuth (cf. Gœthe ou Bœhm), et surtout les noms grecs en -eus, Zeus, Orpheus, Prométheus, et même basileus. Quand ces noms en -eus commencèrent à être introduits dans la littérature, initiative qui revient à Leconte de Lisle, Victor Hugo voulut suivre le mouvement, comme d’habitude; mais comme il savait fort peu de grec, il crut voir dans ces mots la finale latine us, et il fit de Zeus deux syllabes:
Zéus Jupiter vint, la main d’éclairs chargée,
Et lui cria: Sois pierre, ô monstre! Et le géant
Vit Zéus, devint roche et s’arrêta béant.
La Fin de Satan, strophe troisième.