[253] Voir au chapitre du G.

[254] C’est le même e, inutile aujourd’hui, qu’on trouve dans asseoir (à côté de choir pour cheoir), ou dans Jean et Jeanne.

[255] Michaëlis et Passy enregistrent aussi, et admettent par conséquent eu fermé dans breuvage et dans pleurer: c’est une prononciation qu’on ne doit pas entendre souvent.

[256] Ainsi l’eu de jne, déjà moins long dans jner et encore moins dans déjeuner, qui n’a plus d’accent, y devient si bref dans certaines provinces, qu’on l’y traite comme un e muet: déj’né; mais ceci est vraiment excessif, quoique enregistré encore par Michaëlis et Passy.

[257] Il faut excepter Europe et européen, et naturellement Eure-et-Loir; mais eu est fermé malgré l’r, dans les noms anciens, à prononciation savante, dans Euripide, Eurotas, Euryanthe, Euryclée, Eurydice, Eurysthée, aussi bien que dans Eubée, Eucharis, Euclide, Eudoxie, Eudore, Euler, Eumée, Euménides, Eumolpe, Eupatoria, Eupatride, Euphrate, Eupolis, Eusèbe, Eustache, Euterpe, Eutrope, Eutychès, etc. Il tend à s’ouvrir dans les plus connus de ces mots, comme Euphrate ou Eustache, et il est moins fermé dans Eugène que dans Eugénie, parce que, dans Eugène, il tend à s’abréger par le voisinage de la tonique longue, comme dans peut-être. D’autre part, les faubourgs disent volontiers Ugène, Ugénie, Ulalie, et cette prononciation, qui fut correcte, comme Ustache, Urope, hureux, et beaucoup d’autres, le serait encore, comme celle de vu pour veü, ou simplement comme celle de j’ai (e)u, sans l’influence de l’écriture qui a prévalu: ainsi Eure rime avec nature et avec structure, dans la Henriade, VIII, 55-56, et IX, 125-126. Cf. bleu et bluet, heure et lurette, leurre et délu, meute et mutin. Mimeure même, paraît-il, se prononce encore par u.

[258] De même dans Beuchot, Beu, Beudant et Beugnot, Ceuta, Deucalion, Feuchère, La Feuillade, Feuillet et Feuquières, Meurice (malgré l’r), Neubourg, Neuilly, Manteuffel et Teutatès. Mais eu est ouvert dans Beurnonville, moins ouvert dans Fleurus ou Fleury.

[259] On devrait le faire un peu plus long dans Vanlo(o) et Waterlo(o), puisqu’il en représente deux, mais nos finales ne comportent pas ces distinctions. L’o final italien s’est souvent francisé en e, comme dans Guido, devenu Guide, ou est tombé purement et simplement comme dans Perugino, devenu Pérugin; il s’est maintenu dans André del Sarto, mais le plus souvent on ne le prononce pas.

[260] Ceux-là se prononcent exactement comme clôt, dépôt (avec entrepôt, impôt et suppôt), rôt, tôt et prévôt, qui ont perdu l’s, et Prévo(s)t, qui l’a gardé.

[261] Et même Goths, ainsi que beaucoup d’autres noms propres: Didot, Renaudot, Carnot, Guizot, etc. Les poètes ne font pas ces distinctions, et les mots en -ot ou -ots riment tous aujourd’hui couramment avec les mots en -eau:

Le faubourg Saint-Antoine accourant en sabots,
Et ce grand peuple, ainsi qu’un spectre des tombeaux,
Sortant tout effaré de son antique opprobre.
V. Hugo, Contempl., V. 3.