[584] Le g se prononce de même dans la plupart des noms propres: Agag, Zadig, Rig-Véda, Liebig, Schleswig, Grieg, Herzog (avec o fermé), Magog (avec o ouvert), Flameng, Canning, Fielding, Lessing, Long-Island, Young et Yung, Astorg, Swedenborg et Viborg, etc., avec les noms géographiques en-burg, et la plupart des noms en -berg, Berg, Lemberg et Schomberg, Heidelberg, Johannisberg, Lænsberg, Scanderberg, etc., et même Altenbourg, quoique on l’écrive par ourg. Toutefois Leipzig et Dantzig qui se sont longtemps écrits Dantzick et Leipsick, se francisent encore le plus souvent par c au lieu de g.

[585] Et devant les diphtongues latines æ et œ. De plus, aux noms propres français, Angers, Béranger, Gilles, etc. (y compris Gerle ou Murger), s’ajoutent les noms propres anciens ou bibliques: Géla, Gélase, Gelboé, Gélon, Génésareth, Géta, Gethsémani, Phlégéton, geste, gée, Sergius, Gygès, Gyptis, et quelques noms modernes francisés, comme Clésinger, Kruger, Niger, Scaliger, Gérando, Magellan, Scager-Rack ou Urgel, Gibraltar ou Giralda. Mais le g garde le son guttural en tête des mots germaniques, Gemmi, Gerolstein, Gervinus, Gessler, Gessner ou Gewaert, et aussi Gebhart, quoique le t ne s’y prononce pas, et encore Gœttingue, Peer Gynt, ou Gibbon; de même dans d’autres mots non francisés, Engelmann, Hegel, Schlegel ou Vogel, Meiningen, Niebelungen, Bergen ou Rœntgen, Dœllinger ou Minnesinger, Erzgebirge, Szegedin ou Djaggernat, et Rigi, écrit aussi Righi, avec vergiss mein nicht.

[586] On a vu déjà que gangrène s’est longtemps prononcé cangrène, ce qui est le contraire de second prononcé segond; les médecins ont fini par imposer gan, mais l’Académie ne s’est inclinée qu’en 1878. D’autre part, frangipane s’est longtemps prononcé franchipane.

[587] De même Fig(e)ac, G(e)orges, Albig(e)ois, Clos-Voug(e)ot, et même Karag(e)orgewitch.

[588] On aurait pu écrire jôle, puisqu’on écrit enjôler.

[589] L’e étant nécessaire pour donner au g le son chuintant devant un u, il en résulte que gu ne saurait en aucune façon se prononcer ju, comme on l’entend parfois dans envergure, mot qui vient de vergue et non de verge.

[590] Même dans les noms propres étrangers, dans Gueldre, Guelfes, Guelma, Guerchin, Guernesey, Guerrero, Guevara, comme dans Guébriant, Guéménée, Guénégaud, ou Guérande, et même dans Figueras ou San Miguel, comme dans Vauvenargues ou Aiguesmortes, Kerguélen ou Linguet. Il n’y a d’exception que pour les mots latins ex ungue leonem, lapsus linguæ, et dans Vogüé, qui a un tréma sur l’u, faute de pouvoir en prendre sur l’é, qui a déjà un accent. En outre l’u se prononce ou dans Finiguerra.

[591] Il en est du nom propre Aiguillon comme du nom commun: il maintient son u, mais il a de la peine. De même Figuig, que les Allemands eux-mêmes écrivent à tort Figig (fighig).

[592] Y compris Guines, Guinegatte ou Guiscard et Guy de Maupassant, Guy Patin ou Guyton de Morveau, et même les ducs de Guise, quoique la localité d’origine ait la diphtongue ui: le nom commun guise a aidé à l’altération de ce mot. L’usage de M. Guizot n’a pas non plus sauvé l’u de son nom. Certains noms étrangers eux-mêmes ont cédé: Guichardin, d’ailleurs francisé, Guido Reni ou le Guide, Guildhall; mais l’u résiste dans Guipuzcoa. Pour Guyau, Guyot, etc., voir page 192, note 2.

[593] Ceci est tout à fait correct, l’étymologie étant aigue (eau) et non aigu (cf. évier). Aussi le mot a-t-il naturellement trois syllabes, et non quatre: