[602] On prononce de préférence dj dans Giacomelli, Giacomo, Giordiano, Giorgione, Giotto, Giovanni, et aussi Chioggia, Reggio, ou Ruggieri, où les deux g ne font qu’un. Borgia a toujours été francisé complètement en gi comme Scaliger en jèr.

[603] De même Borghèse, Alighieri, Arrighi, Ghiberti, Ghirlandajo, Missolonghi, Righi; de même Birmingham, Enghien, Ghika, Oubanghi, etc.

[604] Prononcez drèdnot. De même dans Wi(gh)t ou Wri(gh)t, Castlerea(gh) ou Ralei(gh) ou Connau(gh)t.

[605] On trouve pourtant imbroglio en trois syllabes dans Musset. Nous francisons également, à tort ou à raison, les noms propres les plus connus, Castigli-one, Cagli-ostro, Cagli-ari, moins peut-être Bentivoglio ou Tagliamento. Quant à Broglie, de l’italien Broglio, il se prononce broille et, quelquefois brog-lie. Vintimiglia s’est francisé en Vintimille mouillé, afin de garder son accent.

[606] Voir page 43, note 1.

[607] Et surtout des noms propres: Kehl, hm, Ohnet, Frohsdorf, Spohr: voir aussi page 39, note 1. Après i et u, qui ne peuvent guère se fermer, l’effet de h ne se sent plus que fort peu: Schlemihl, Eckmühl.

[608] Pour sch, voir au CH, page 227; pour sh, voir à l’S, page 323.

[609] Voir ci-contre. Ranelagh se francise nécessairement à Paris. Malbrou(gh) se prononce quelquefois malbrouk, à tort.

[610] On peut ajouter que, même à l’intérieur des mots, l’h, évidemment inutile dans rhéteur ou Athènes, comme dans malheur ou inhabile, peut encore jouer son rôle, soit en empêchant aussi la liaison comme dans enhardir, soit en maintenant séparées des voyelles qui se fondraient sans cela, comme dans ahuri, cohue, dehors, rehausser, Rohan, Villehardouin. Il a même été ajouté pour ce motif dans un certain nombre de mots: cahoter et Cahors, ébahir, envahir, et surtout trahison, qui devient souvent au XVIᵉ siècle traï-son, en deux syllabes. Ce n’est pas une raison cependant pour prononcer bayut ou cayoutchouc, comme on fait quelquefois: c’est assez que la sauce mahonnaise soit devenue définitivement mayonnaise.

Ce n’est pas tout; si, après une voyelle, l’hiatus est tout ce qui reste de l’aspiration, il n’en est pas tout à fait de même de la consonne articulée. Par hasard se prononce bien comme par amour, sans doute à cause du grand usage qu’on fait de l’expression: ne dit-on pas, dans le peuple, à l’hasard de la fourchette? Mais par hauteur ne se confond pas avec par auteur, et avoir honte s’articule un peu autrement que fanfaron: il semble qu’après la consonne il y ait comme une espèce d’arrêt ou d’hésitation, une espèce d’hiatus, au sens de lacune. Cela est si vrai, qu’on entend parfois avoir honte, ce qui, évidemment, est excessif.