[656] J’en puis dire autant pour Santillane et Melilla, qu’on ne mouille guère, sous prétexte que ce sont des noms étrangers, et qu’on devrait mouiller. Pourtant on mouille ordinairement Zorilla et Murillo.

[657] Voir plus haut, page 190, ce qui a été dit de fuyions, fuyiez.

[658] Pourtant cu-iller et cu-illerée prononcés par u ne sont pas très rares; quelques-uns même prononcent keu-yèr, mais ceci est détestable.

[659] De même qu’on prononce Ju-illy et non Jui-lly. Sans l’i, on prononcerait ju-let et ju-ly. Ainsi les ll de Sully sont mouillés dans la prononciation locale (Bourgogne), et Domergue les mouille encore; mais faute d’i, Su-ly a prévalu en histoire, comme dans le prénom. D’autre part Boilly se prononce boi-yi.

L’exemple de Sully montre que l’i n’était pas plus nécessaire autrefois pour mouiller l’l double que pour mouiller l’l final; et Bernoulli se prononce en mouillant, comme olla podrida, qui a donné oille (o-ye) en français. Oille est d’ailleurs le seul mot de cette finale, car La Trémoille se prononce et peut s’écrire La Trémouille, et Maroi(l)les n’est pas mouillé. En espagnol, l’l double est aussi mouillé sans i, et beaucoup de personnes, même en France, mouillent correctement Valladolid, comme s’il y avait un yod: cf. Mallorca, qui est Majorque, prononcé mayorque dans le Midi.

[660] C’est probablement le voisinage de mille et ville, qui a permis à Mi(l)lais, Mi(l)let, Mi(l)lerand, Mi(l)levoye, Mi(l)lin, à Vi(l)lars, Vi(l)laret-Joyeuse, Vi(l)lèle, Vi(l)lemain, Vi(l)lette, Vi(l)loison, Vi(l)lemessant, Vi(l)lers, Vi(l)lers-Cotterets, Vi(l)lersexel, etc., de se maintenir sans se mouiller. De même Li(l)lers. On ne mouille pas non plus les noms en -viller à r sonore: Bischvi(l)ler, Bouxvi(l)ler, Frœschvi(l)ler, Guebvi(l)ler; et on a tort trop souvent de mouiller les noms en -villier (vilié et non vi-yé): Vi(l)liers, Aubervi(l)liers, Beauvi(l)liers, Brinvi(l)liers, Cuvi(l)lier, etc., auxquels se joignent I(l)liers et Baraguay d’Hi(l)liers, avec Largi(l)lière ou La Vri(l)lière. Dans Mil-lesimo, Vil-lafranca, Vil-laréal ou Vil-laviciosa, on prononce les deux l.

[661] De même dans Il-lyrie ou Il-linois, comme dans Amaryl-lis ou Syl-la, l’l double ne se mouillant pas après un y. On ne mouille pas non plus Pi(l)lnitz ou Gri(l)lparzer.

[662] C’est cette analogie même qui a contribué à réduire à un les deux l, qu’on prononce en italien; c’est à tort que le Dictionnaire général maintient les deux l en français, sans doute au nom de l’étymologie.

[663] Michaëlis et Passy eux-mêmes sont obligés de faire de graves concessions. Nous irons plus loin: au lieu d’examiner les cas où la lettre se prononce double, nous énumérerons ceux où elle se prononce simple, qui sont les moins nombreux.

[664] On dit aussi avec un seul l: A(l)lainval, A(l)lard, A(l)lier, Ca(l)lot, Ga(l)let, Ga(l)lifet, Ga(l)li-Marié, et, en général, les noms propres français et allemands, et aussi Wa(l)lons; on dit même le plus souvent Sa(l)luste, quoique cette réduction soit rare dans les noms propres anciens, et aussi Walha(l)la.