[647] Enregistré aussi par Michaëlis et Passy.
[648] On a vu plus haut des cas analogues, à propos de l’e muet: voir pages 182 et 183.
[649] On évitera aussi le changement de l en n, comme dans caneçon et nentilles, qui sont fort anciens tous les deux; ou encore l’agglutination de l’article avec le mot, phénomène qui nous a donné landier, lendemain, lendit, lierre, lingot, loriot, luette, mais non lévier: ce serait assurément tout aussi naturel, mais le mot évier a été jusqu’à présent plus heureux que les autres, et on fera bien de laisser le lévier à la cuisinière.
[650] De même dans les noms propres: Noailles, Versailles, Corneille, Marseille, etc., Baillet, Bailly, Neuilly, etc., avec Pauillac.
[651] Autrefois il y en avait bien davantage, par exemple genti(l)le avec genti(l)lesse, angui(l)le et pasti(l)le, qu’on ne connaît plus du tout, avec camomi(l)le et Cami(l)le, qu’on n’entend plus que très rarement.
[652] Avec les noms en -ylle, également savants, siby(l)le, idy(l)le, chlorophy(l)le et psy(l)le.
[653] Il y avait aussi imbéci(l)le qu’on a réduit à imbécile: pourquoi pas aussi bien tranquile?
[654] La prononciation non mouillée de ville s’est naturellement transmise à tous les noms propres dont il fait partie, et à d’autres aussi par analogie: Chavi(l)le, Navi(l)le, Grévi(l)le, Latouche-Trévi(l)le, Bellevi(l)le, Tocquevi(l)le, Boutevi(l)le, Calvi(l)le, Chervi(l)le, etc., comme Vi(l)lefranche, Vi(l)ledieu, Vi(l)lehardouin, Vi(l)leneuve, etc. Il s’est même produit ici un phénomène inverse de celui qui se produit d’ordinaire: un mot à finale mouillée qui a cessé de se mouiller. C’est assurément la prononciation de ville, qui a fait altérer celle de Séville, quoiqu’il n’y ait aucun rapport entre eux. L’espagnol mouille Sevilla, et Corneille, dans le Cid, ne s’y trompe pas: il fait rimer Séville avec Castille et non avec vi(l)le (voir acte II, scène 6). Or aujourd’hui les chanteurs parlent du Barbier de Sévi(l)le, et la Comédie-Française en fait autant. C’est, en somme, une grave erreur, et tant que l’espagnol sera là pour maintenir le son véritable, j’estime qu’on doit essayer de faire prévaloir la prononciation correcte, qui est mouillée. Je pense qu’il faut mouiller de même Surville. Le son mouillé s’est d’ailleurs maintenu dans deux mots de la langue en -ville: cheville et recroqueville.
Aux noms propres en -ville, il faut joindre I(l)le-et-Vilaine, Achi(l)le, Cyri(l)le, Deli(l)le, Gi(l)le, pris souvent comme nom commun, Li(l)le, qui est mis pour l’île, et Li(l)lebonne, Mabi(l)le, Régi(l)le, Exi(l)les, avec Trasy(l)le et Bathy(l)le. Faucilles est confondu à tort avec le nom commun faucille, et devrait s’écrire Fauciles, mais il est difficile de réagir, étant donnée l’orthographe.
[655] Ajouter la plupart des noms propres: Aurillac, Billaut, Billot, Billy ou Debilly, Bobillot, Chantilly, Condillac, Gentilly, Guillaume, Guillaumet, Guilleragues, Guillot, Guillotière, Guillotin (et guillotine), Marillac, Millot, Milly, Sillé, Sillery, Tilly, Varillas, Villeurbanne, et tous les noms en -illon, sauf Di(l)lon, qui n’est pas français, mais y compris Villon. Il est vrai que Vi(l)lon est, en fait, beaucoup plus répandu aujourd’hui, toujours à cause de ville, comme pour Séville; mais Villon est sans rapport avec ville, et d’autre part ce poète fait toujours rimer son nom, non pas avec des mots en -lon, mais avec des mots en -illon (i-yon). Il y a donc là une erreur qu’on doit corriger, puisqu’il s’agit d’un nom propre dont le son est toujours vivant dans les vers du poète, et que, d’ailleurs, ce nom suit tout simplement la règle générale. C’était aussi l’avis de Gaston Pâris.