[694] On ne saura jamais pourquoi tel verbe est en -onner et tel autre en -oner.

[695] Et aussi dans les noms anciens: Han-non, Pan-nonie, Perpen-na, Porsen-na, Sen-naar, Sen-nachérib, Apen-nins, En-nius, Bren-nus, Cin-na, Cincin-natus, Erin-nye, etc. Toutefois A(n)nibal est tellement connu qu’on y prononce généralement l’n simple. L’n est encore double assez souvent dans An-na, An-naam, An-napolis, San-nazar, Lin-né, Con-necticut, Yun-nan, etc. L’n est simple dans A(n)nonay, A(n)nunzio, Je(n)ner, Je(n)ny, Te(n)nyson, Fi(n)nois, Co(n)naught.

[696] Voir pages 244-245. On mouille donc par exemple dans Borgnis-Desbordes, Ignace, Lusignan, Marignan, Magnésie, Magny, Marigny, etc., et dans les noms italiens comme Agnadel, Foligno, Legnano, Mantegna, Mascagni, Orcagna, Signorelli, etc., et Pugno.

[697] Voir pages 48 et 87. La graphie de gn mouillé a été aussi ngn: c’est ainsi qu’on écrivait ivro-ngne; on sait que gagner s’écrivait aussi bien ga-ngner que gai-gner, voir même gai-ngner. Le groupe ngn s’est conservé dans Boullo-ngne, sans nasaliser l’o; mais on prononce aujourd’hui Bron-gnart.

[698] Quoique les poètes fassent très bien rimer ce mot avec les mots en nie.

[699] Ceci reste d’un temps où l’on prononçait si(g)ne et di(g)ne, mali(g)ne et béni(g)ne, et même cy(g)ne, qui rimaient avec -ine, ainsi que hy(m)ne. On sait que dans les armes parlantes de Racine, il y avait un rat et un cygne, et l’on se rappelle sans doute qu’il eût préféré un sanglier! Jusqu’au XVIIIᵉ siècle, on prononça si(g)ner et assi(g)ner. On prononça de même Re(g)nard jusqu’au XIXᵉ siècle, et Re(g)naud, comme co(g)noistre. Mais tandis que le g de cognoistre disparaissait de l’écriture, les noms propres gardaient le leur; aussi leur est-il arrivé le même accident qu’à Montaigne: l’orthographe a altéré leur prononciation. Aujourd’hui Re(g)nard ne se comprendrait plus; encore n’est-ce pas un motif pour changer l’e muet en e fermé, et dire Régnard pour Regnard, comme il arrive trop souvent: nous avons déjà vu cela, page 170.

[700] Malgré le Dictionnaire général.

[701] De même Fécam(p), Decam(ps), Guingam(p), Loncham(p), Descham(ps), Cham(p)cenetz, Cham(p)fleuri, et aussi Cham(p)meslé et autres pareils, et encore Dupanlou(p) et Tro(p)long. Mais le p se prononce dans Champlain.

[702] Et Gap. Mais il n’y a pas si longtemps qu’on disait encore un ce(p) de vigne, à cause de la consonne qui suit.

[703] Avec Alep ou Tromp, a fortiori Rapp ou Krupp, sans compter Le Cap, bien entendu.