[790] Il faudrait y ajouter, pour être complet, les composés familiers du préfixe re-, que les dictionnaires n’enregistrent pas, comme re-saler, re-sabler, re-sauver, re-savonner, re-signer, re-sortir, etc., où l’on n’a pas coutume de doubler l’s, comme on le fait dans les mots de la langue littéraire.
[791] Ichtyosaure et plésiosaure devraient être dans le même cas; mais, comme les éléments n’y sont pas aussi nettement reconnus que dans les mots que nous avons cités, l’s s’y est adouci généralement.
[792] Le Dictionnaire général ne connaît pas le mot susurrer. Hélas! il y en a tant d’autres qu’il ne connaît pas. Mᵐᵉ Dupuis donnait aussi l’s dur pour gisant, gisait, etc.: c’est une prononciation que je n’ai jamais entendue.
[793] On écrit quelquefois impressario, qui est mauvais, car il conduirait à prononcer deux s. Ajoutons que parasol, tournesol et girasol, que nous venons de voir, sont aussi d’origine italienne. On cite encore volontiers l’italien risorgimento, l’espagnol peseta (piécette) et posada (auberge), où ne doit non plus sonner qu’un s dur.
[794] L’s est naturellement doux dans les noms propres français; mais il est resté dur à la suite de l’article le, la: Lasalle, Lesueur, Lesage, Lesurques; il est généralement doux après de: Desaix, Desault, Desèze (ou de Sèze); il est doux dans Désaugiers et Deshoulières, par liaison. Il est dur dans Dusaulx, dans des composés comme Beauséant ou Beauséjour, et dans Puységur. Il est dur dans Melchisédec, nom hébreu, mais non dans Jérusalem ou Mathusalem, qui sont plus complètement francisés, étant plus populaires; et encore la vieille plaisanterie de Mathieu salé rappelle que pendant longtemps on a prononcé Mathusalem, avec s dur, comme Melchisédec. On hésite pour quelques noms propres anciens comme Poseidon. Parmi les noms étrangers, il en est aussi que nous francisons en adoucissant l’s, comme Caserte, Cérisoles ou Wiseman, et aussi, mais à tort, Masaniello, Vasari, Vésale, Pesaro, voire Algésiras, qu’on écrit parfois Algéciras, et qu’on fera mieux de prononcer par s dur, comme Elisir d’amore, Fusi-Yama ou Ferguson.
[795] L’s est dur aussi dans Transylvanie, et il devrait y avoir deux s.
[796] Et dans Nansouty, mais jamais dans Fronsac, rarement et à tort dans Arkansas.
[797] Dans les composés commençant par des-, les étymologistes reconnaissent ordinairement le préfixe dis-: l’s y était donc naturellement double, et l’on n’a pas eu besoin de le doubler pour la prononciation; toutefois l’s paraît avoir été doublé (avec suppression de l’accent aigu) dans de(s)sécher, de(s)servir, de(s)sication, de(s)siner et de(s)sin, qui paraissent formés du préfixe dé- et non dis-.
[798] Voir l’énumération, page 171.
[799] On a vu que l’s avait été doublé aussi, bien inutilement après un i, dans di(s)syllabe et tri(s)syllabe. Peut-être faut-il y joindre a(s)sez et quelques mots commençant par as-, si leur préfixe est réellement a-, et non ad-, comme paraît l’indiquer l’orthographe primitive, asez, asesoner, aservir, etc.