[828] Voir page 215. On a coutume de prononcer sans t Utrech(t), Dordrech(t) et Maëstrich(t). Pour yacht, voir page 44.

[829] Nous savons que lt ne se prononce pas plus dans les mots en -ault et -oult que ld dans les mots en -auld et -ould, les uns et les autres étant français; de même Yseu(lt) est bien meilleur qu’Yseult. Mais on prononce intégralement Anhalt, Seingalt, Belt, Arcadelt, Tafilelt, Barnevelt (écrit aussi Barneveldt), Roosevelt et Soult, et aussi Delft; le t l’emporte sur le d dans Humbol(d)t.

[830] Avec la ville d’Apt.

[831] Et le fut longtemps dans o(st). Il l’est encore dans Saint-Wa(st), Saint-Gene(st), Cre(st), Charo(st), Prévo(st), Provo(st), Thibou(st), Saint-Ju(st), souvent altéré, et même Saint-Pri(est). Il se prononce dans Christ, qui, employé seul, est un mot savant, mais il est resté muet dans Jésu(s)-Chri(st), qui est populaire, et qui a gardé pour ce motif sa prononciation traditionnelle, sauf parfois chez les protestants: voir plus haut, page 307, ce qui est dit de Jésus. Quant à Antechrist, il a été longtemps populaire, et par conséquent st ne s’y prononçait pas, et même l’e y était muet; Littré tient absolument à cette prononciation; mais il est devenu un mot savant où tout se prononce, avec e fermé. Le groupe st se prononce aussi dans Proust et dans Marrast (peut-être pour éviter une confusion avec Marat), dans Ernest et dans Brest, et dans les noms d’origine étrangère: Renaud d’Ast, Belfast, Budapest, Bucharest, Liszt, Faust, Ernst, etc. On prononce l’s seul dans roas(t)-beef qui, d’ailleurs, s’écrit correctement rosbif, comme il se prononce.

[832] Et dans les noms propres: Goliath, Macbeth, Bayreuth, Judith, Naboth, Beyrouth, Belzébuth, etc. Go(th) fait exception, avec ses composés, Wisigo(ths) et Ostrogo(ths). Il faut excepter aussi le terme bizu(th), par lequel les élèves nouveaux sont désignés dans les classes qui préparent à des concours, par opposition aux carrés et aux cubes.

[833] Voir ci-dessus, page 156. On prononce à peu près exactement postcommunion et postscolaire, malgré la difficulté. Mais le t est encore muet dans Wes(t)phalie, Kam(t)schatka et Kam(t)schadales, et quelquefois Mol(t)ke. On prononce même Po(t)sdam, ce qui est plus bizarre: et c’est sans doute pour justifier cette prononciation irrégulière qu’on écrit souvent Postdam; mais c’est uniquement Potsdam qui est correct, et mieux vaudrait prononcer le t, puisque c’est l’s qui est médian.

Les Parisiens prononcent le t médian dans rue Taitbout. Nous savons qu’il est muet dans Me(t)z et Re(t)z. Il est également muet dans les composés de Font-, Mont-, Pont-, devant une consonne, comme Mon(t)béliard, Mon(t)fort, Mon(t)morency, Mon(t)pensier ou Pon(t)chartrain, même si la consonne qui suit est un l ou un r; Mon(t)lhéry, Mon(t)losier, Mon(t)luc, Mon(t)luçon, Mon(t)luet, Mon(t)réal, Mon(t)redon, Mon(t)réjeau, Mon(t)revel, Mon(t)rose, Mon(t)rouge, etc. Mais il arrive aussi que le t n’appartienne pas à la syllabe initiale, ou même qu’il s’en soit détaché: ainsi il se groupe avec l’r dans Fontrailles, Montrésor, Montreuil, Montreux, Montretout, Montrevault et même Montrichard, et Pontrieux, comme dans l’italien Pontremoli. On ne prononce pas le t dans Alfor(t)ville, mais on le prononce dans l’anglais Portland.

[834] Devant un i seulement, et non devant un y grec.

[835] Les noms propres venus à nous du latin ou par le latin font naturellement comme les autres mots: Croatie, Helvétie, Domitien, tion, Brutium, Hirtius, Miltiade, Martial, etc.; et les noms modernes ont fréquemment subi l’analogie des autres, comme Gratiolet ou La Boétie.

[836] «Dès le temps de Palsgrave, on écrivait par un t les mots en -tion appartenant à la langue savante, que l’on prononçait cion comme en latin, par une habitude que Péletier et Bèze attestent. Cette orthographe et cette prononciation s’étendirent à un certain nombre d’autres mots, tous de la langue savante, qui ont -ti- devant une voyelle, et comprirent les mots tirés de noms en -tia, -tialis, -tiosus, -tiens, -tientia, -tianus, -tio (tionem), et de verbes en -tiare.» (Thurot, Prononciation française, II, 244.)