[837] On verra que la règle s’applique seulement au t placé entre deux lettres, et non en tête des mots; tiare, tiers, tiède, tien, il tient, avec leurs familles, conservent tous le son normal du t: comme tous les mots latins qui commencent par ti. Au surplus, il y a, en outre, pour chaque cas, des raisons particulières d’étymologie, et nous allons retrouver tous ces mots.
[838] Avec Bastia, Bastiat, Sébastien, Héphestion, etc.
[839] De là deux séries de mots en -tions, d’orthographe identique, mais de prononciation différente, s pour les substantifs et t pour les verbes: voir la liste, p. 187, note 2.
[840] Qui était autrefois apprentive, d’apprentif. Tous ces mots sont naturellement de formation populaire. Au contraire, à côté des simples inepte et inerte, les substantifs ineptie ou inertie, mots savants, suivent la règle, parce qu’ils conservent la prononciation du latin. On verra encore dans un instant trois ou quatre mots en -tie qui gardent le son dental, avec quelques noms propres.
[841] Ces mots appartiennent à la même famille que les mots en -té, et ont seuls gardé l’i que beaucoup d’autres ont perdu; le moyen âge, d’ailleurs, disait tout aussi bien amité ou pité que amitié ou pitié; en tout cas le t latin était devant un a et non devant un i. Ces mots sont donc sans rapport avec le substantif initi-é, et son verbe, qui ont le son sifflant, comme en latin, de même que le verbe balbuti-er, qui a suivi l’analogie de l’autre, malgré son étymologie. Ces deux verbes sont, en effet, les seuls verbes en -tier qui aient le son sifflant. Amnistier ne peut pas l’avoir à cause de l’s; châtier ne l’a pas, parce qu’il était primitivement chastier; les autres qui auraient pu avoir un t ont pris un c: justicier, vicier, négocier, différencier, quintessencier, licencier, circonstancier, à cause du c de justice, vice, négoce, etc.
[842] C’est la même diphtongue que dans les mots en -tié, et là aussi le t latin était devant un a. A ces mots, il faut joindre naturellement, avec volontiers, les noms propres en -tier ou -tière, qui ont le même suffixe: Gautier, Poitiers, Chartier, Brunetière, etc.
[843] C’est toujours une diphtongue étymologique, mais cette fois le t latin était devant un e, l’e du suffixe latin -esimus (centesimus), suffixe qui, en français, est passé des dizaines aux unités. D’ailleurs il était bon que les nombres sept, huit, etc., demeurassent intacts; mais la raison n’aurait peut-être pas suffi, puisqu’une raison pareille n’a pas suffi à conserver le t dans ineptie et inertie.
[844] Ici c’est le radical latin ten-; d’ailleurs le t ne pouvait guère changer de son au cours de la conjugaison.
[845] Du latin tepidus, tertius, tuus, antiphona (on plutôt antephona, latin populaire), tous mots où le t ne pouvait s’altérer. Ajoutons Etienne, de Stephanus, outre que Etienne est pour Estienne, ce qui lui fait deux raisons pour conserver son t intact. Au contraire, la diphtongue de chrétien n’est pas étymologique puisqu’il vient de christi-anus; aussi son t n’est-il resté dental que parce que chrétien est pour chrestien; mais le t est sifflant, comme dans le latin, dans tous les autres mots en -tien: béotien, vénitien, égyptien, Domitien, et même capétien ou lilliputien, formés du même suffixe.
[846] Du latin urtica, où le t ne peut pas s’altérer.