Dans Ximénès et Xérès, on prononce par tradition un k: en réalité, cet x espagnol est une gutturale aspirée, qu’on a transcrite autrefois par un simple ch chuintant, comme dans Chimène, et qu’on écrit aujourd’hui j; mais aucune tradition pareille ne s’est établie pour les autres mots, comme Xenil ou Jenil, Xucar ou Jucar, qu’on prononce pourtant plus généralement avec un x, comme Guadalaxara.

[886] Et en effet il se prononçait primitivement ts, comme en d’autres langues. D’autre part, il a servi longtemps dans l’orthographe, à défaut d’accent, à distinguer l’é fermé final de l’e muet: tu aimes, ils sont aimés, ce qui n’est pas plus extraordinaire que vous aimez.

[887] Ni dans les noms propres du Nord: Despre(z) ou Cherbulie(z), Saint-Genie(z) ou Dumourie(z), Mouche(z) ou Natche(z), Douarnene(z), Depre(z), Despre(z) ou Dupre(z), Géruse(z) ou Sée(z), aujourd’hui écrit Sées, et naturellement Gris-Ne(z) ou Blanc-Ne(z). On ne prononce pas non plus le z dans Fore(z), qui a l’e ouvert, ni dans la vieille préposition lez de Plessis-le(z)-Tours et autres lieux.

[888] On y prononce aussi Agassi(z).

[889] Le z final, quand il se prononçait, avait en dernier lieu le son d’un s dur, et non d’un s doux. Il a aujourd’hui le son de l’s doux dans les noms propres en -az, -iz, -oz, -uz, où on le prononce toujours: Diaz, Hedjaz, La Paz et Chiraz, Hafiz et Abdul-Aziz, Berlioz, Booz, Badajoz, Dalloz, Buloz et Droz, Saint-Jean-de-Luz, Santa-Cruz et Vera-Cruz, et aussi Elbourz ou Elbrouz, etc. Quant aux noms propres en -ez, nous venons de voir que ceux du Nord se prononçaient encore par é fermé sans z, mais ils commencent à s’altérer, notamment Natchez; ceux du Midi, Ambez, Barthez, Lombez, Orthez, Rodez ou Saint-Tropez, se prononçaient en ès par s dur, et se prononcent encore ainsi dans le Midi, mais dans le Nord on leur donne un s doux, ainsi qu’à Duez, Suez, Buchez; on le donne même souvent aux noms espagnols, où l’s dur est préférable: Aranjuez, Sanchez, Fernandez, Rodriguez, Lopez, Vélasquez, Diégo-Suarez, Alvarez, Perez ou Cortez, sans compter Fez. Méquinez s’écrit aussi Meknès, ce qui montre bien la vraie prononciation.

[890] Dans tz, c’est l’accommodation régressive du z au t, plus commode que celle du t au z. On prononce de même Batz, Galatz et Gratz, Fitz, Strélitz, Sedlitz, Austerlitz, Chemnitz, Biarritz, Goritz, Fritz et Schwitz, Freischütz et Olmutz, Hartz, Schwartz et Hertz, et aussi Diez, Seidliz, Leibniz, Brienz. Toutefois on prononce souvent Leibniz et même Austerlitz et Sedlitz par un s simple. Dans Lis(z)t, le z ne peut pas s’entendre.

[891] C’est encore le cas, même après une voyelle simple, dans Me(t)z, dont l’adjectif est messin, et Re(t)z, et aussi Féle(t)z ou Dujardin-Beaume(t)z. On n’entend ni t ni z dans Be(tz), qui a l’e ouvert, et Champcene(tz), qui a l’e fermé.

[892] De même Vénézuéla, Chimborazo ou Sforza, comme Mozart et Pou(z)zoles, Fe(z)zan ou Abru(z)zes, et surtout en tête des mots: Zara, Zermatt, Zimmermann, Zurich, Zuyderzée, Zug, et Zurbaran.

[893] Zollverein, Zwickau, Zwingle, Zwolle, Erzgebirge, Schwarzwald, Creuzer et aussi Guipuzcoa; mais on prononce d’ordinaire un s doux entre l et b: Salzbourg, Salzbach.

[894] De même Arezzo, Brazza, Custozza, Fogazzaro, la Gazza ladra, Gozzoli, Pestalozzi, Pozzo di Borgo, Manzoni, Mazzini, Ratazzi, Rizzio, Strozzi, Spezzia, et aussi Zeus ou Ouezzan. Il en est de même de tz dans Botzaris et autres. Pour cz, voir page 220. Le sz hongrois se prononce s, par exemple dans Szegedin; le sz polonais, ch, par exemple dans Kalisz.