[895] On trouve bien encore un d ou un t dans certains z: mezzo ou grazioso; du moins ceci est étranger.

[896] C’est un reliquat de cette prononciation que nous avons constaté dans les noms de nombre, de cinq à dix: on voit que cela remonte loin. Il y a aussi quelque chose de cela dans plus et tous. Il y a même pour quelques-uns de ces mots trois prononciations différentes: isolément, devant consonnes dans certains cas, et devant voyelles: dis, di et diz; plus, plu et pluz, tout comme au XVIᵉ siècle.

[897] Ce qui permet aux gens facétieux quelques calembours. Ch. Nyrop en cite quelques-uns, dus aux liaisons de en agent, il est ouvert, trop heureux, le premier homme du monde, etc. Et il ajoute très sérieusement: «A moins qu’on ne veuille plaisanter, on évite ces liaisons..., par exemple on s’abstiendra de faire entendre le p de trop dans une phrase comme celle-ci: Vous ne ferez jamais un bon marin: vous êtes trop homme de terre (et non trop pomme de terre!).» Voilà un rapprochement auquel on ne s’attendait pas.

[898] Je ne compte pas les ignorants qui s’étudient à «bien parler», et qui entassent les cuirs sur les velours et les pataquès. Le mot pataquès, dont on a vu l’origine plus haut, page 60, désigne naturellement les confusions de liaison: ce n’est poin(t) zà moi et ce n’est pa(s) tà moi. On appellera plutôt cuir, l’addition d’un t: va ten ville, et velours celle d’un s: j’ai zété, parce que le velours est plus doux que le cuir. D’ailleurs le cuir lui-même avait la prétention d’adoucir la prononciation, peut-être comme le cuir adoucit le rasoir. Notons qu’autrefois on za ou j’ai zété ont été admis par les personnes les plus distinguées, sans parler des quatre zéléments, ou il leur za dit; et tout cela n’était pas plus extraordinaire que a-il ou aime-il prononcés ati ou aimeti au XVIᵉ siècle, avant que le t ne fût introduit dans l’écriture, où il avait figuré déjà à une époque beaucoup plus ancienne. Aujourd’hui encore, entre quat’zyeux est admis par beaucoup de gens: nous reviendrons sur cette expression.

[899] Voir plus haut, pages 151 sqq., ce qui a été dit de l’élision.

[900] Comme on dit: de une heure à deux, sans élision. Il est vrai qu’on fait la liaison dans trois zun; mais c’est comme dans trois zhommes: un est pris ici comme substantif ordinaire. Théoriquement, on ferait aussi la liaison dans cent tun, c’est-à-dire cent fois le numéro 1, par opposition au nombre 101, qui représente cent et un.

[901] On dit pourtant: ils son(t) tun; mais ce n’est qu’une plaisanterie.

[902] Sauf à la Comédie-Française, où l’on peut entendre le jeune premier, dans le Jeu de l’amour et du hasard, articuler nettement dite(s) zoui ou non. On prétend avoir entendu, à la même Comédie-Française, mai(s) zoui: je n’ose le croire! En revanche on peut faire la liaison dans ce(s) zouates, ou trè(s) zouaté; et si on ne la fait guère avec ouistiti, on la fait toujours avec ouailles et les mots de la famille d’ouïr, quoi qu’en ait dit Mᵐᵉ Dupuis, qui prétendait faire prononcer sans liaison

Ces rois à vous ouïr, m’ont paré d’un vain titre:

ceci ferait simplement un vers faux, car l’absence de liaison ferait de ou-ïr un monosyllabe.