[903] Quoique dans ce cas on fasse assez facilement l’élision de la proposition de.

[904] L’abbé d’Olivet préférait déjà l’hiatus dans la prose: «On ne doit pas craindre ces hiatus, dit-il; la prose les souffre, pourvu qu’ils ne soient ni trop rudes, ni trop fréquents; ils contribuent même à donner au discours un certain air naturel.»

[905] Et cela depuis fort longtemps, malgré Domergue et beaucoup de grammairiens, qui voulaient à toute force maintenir l’e fermé. Il en résulte une différence entre le premier rhum (e fermé) et le premier homme (e moyen).

[906] Il n’est donc qu’à demi exact de dire que quand un mot est terminé par un e muet, il se lie par la consonne qui précède avec le mot suivant, s’il commence par une voyelle. Il y a bien là quelque chose de la liaison, en ce que la consonne sert aussi d’initiale au mot suivant; mais s’il y avait liaison proprement dite, la consonne pourrait s’altérer; or elle ne s’altère jamais: qu’il ren-d(e) aux hommes, la lan-g(ue) allemande, comme le lisest blanc. Il n’y a de liaison proprement dite, au sens où on l’entend dans ce chapitre, que pour les consonnes qui normalement ne se prononcent pas.

[907] La Fontaine, les Animaux malades de la peste.

[908] Molière, le Misanthrope, acte I, scène 2.

[909] Avec cette nuance qu’ici le c garde le son guttural qui appartient au c final, au lieu de s’altérer en s devant e. On disait de même autrefois de bro(c) ken bouche.

[910] Molière, les Femmes savantes, II, 7. En vers, on pourra lier aussi le c de banc, blanc ou flanc, de tabac ou d’estomac, et même d’instinct; mais si l’on peut éviter l’hiatus par une pause légère au lieu d’une liaison, cela vaudra mieux.

[911] La Fontaine, Fables, XI, 8.

[912] Ceci tient à ce qu’autrefois, quand les consonnes finales se prononçaient, les gutturales sonnaient toujours c, qui est d’une émission plus facile; et c’est pour cela que les mots à c ou g final ont pu si longtemps rimer ensemble, par tradition, sans pouvoir rimer avec les mots à d ou t final, qui, eux aussi, ne rimaient qu’ensemble, pour une raison pareille. Mais il y a beau temps que toutes ces finales auraient dû être assimilées pour la rime. Je dois avouer d’ailleurs que dans les liaisons qui ne se font qu’en vers, comme celle de long espoir, il y a déjà tendance à conserver au g le son doux.