[913] On disait autrefois de cler(c) cà maître; et nous savons qu’on dit encore por(c)-képic. Mais si le g sonne c dans Bourg-en-Bresse, ce n’est pas par liaison. Voir page 236, note 1.

[914] Le d se lie toujours avec le même son que le t, car autrefois, quand le d final se prononçait dans les mots proprement français, il se prononçait plus aisément comme un t, notamment après une nasale: voir ci-devant, note 3.

[915] Cette liaison des formes très usitées est si nécessaire que le peuple la fait parfois même où il n’y en a point à faire, notamment avec va. Le peuple ignore en effet que cette finale tonique de troisième personne se passe de t, sous prétexte qu’aller est de la première conjugaison; il dit donc va-t-et vient, coupe les chats et va-t-en ville, et Malbrough s’en va-t-en guerre. Au surplus quelques-uns de ces cuirs sont devenus corrects: va-t-en, a-t-il, aime-t-il, ne sont pas autre chose qu’une liaison faite, par analogie, là où il n’y a pas de t. De même ne voilà-t-il pas, par analogie avec les troisièmes personnes.—J’ajoute que est se distingue précisément de et par la liaison, car l’un se lie toujours et l’autre jamais, et cela depuis le XVIᵉ siècle au moins, puisque dès cette époque l’hiatus de et fut le seul hiatus avec consonne que les poètes commencèrent à s’interdire; les autres n’étaient pas encore des hiatus.

[916] On notera qu’il y a des adjectifs qu’on ne met guère devant le substantif qu’au féminin ou devant une consonne: chaude saison, blonde enfant, grossier personnage, précisément pour éviter une liaison désagréable ou impossible, comme serait celle de blon(d) tenfant ou grossie(r) ranimal.

[917] Si l’on dit ving(t) tet un, c’est peut-être par analogie avec trente et un: voir page 329; ou peut-être parce que c’est une sorte de mot composé.

[918] Dans j’ai chau(d) aux pieds, aux pieds n’est pas complément de chaud, mais de j’ai chaud.

[919] On dit assez souvent, à tort, avan(t)-hier sans liaison, et en trois syllabes; c’était même, malgré Ménage, la prononciation la plus usitée au XVIIᵉ et au XVIIIᵉ siècle; mais je crois qu’en ce cas on aspirait l’h, et je crois aussi qu’on avait tort. En tout cas, avant-hier a aujourd’hui quatre syllabes, et la liaison s’y impose.

[920] Molière, les Femmes savantes, acte IV, scène 3.

[921] Dans la marine, on dit en ouvrant l’o: le cano(t) test paré; mais c’est une façon de parler en quelque sorte technique ou dialectale.

[922] Mais po(t) à tabac, pour éviter la cacophonie, et même po(t) à beurre.