I. E bref.—Les finales brèves sont celles qui ont une explosive brusque, c, p, t, ou une spirante sourde, f, ch, s.

-ec (avec -ech non chuintant ou -eck) et -èque: bec, échec, varech, bifteck, chèque, pastèque[134].

-ep et -eppe: julep, steppe. Cèpe, qui n’a qu’un p devant l’e final, est resté plus long et plus ouvert que steppe ou cep: nous retrouverons ailleurs cette différence entre la consonne simple et la consonne double[135].

-et et -ète ou -ette: net et nette, sept, diète et miette, cachète et cachette, complète et emplette, secrète et regrette[136].

Naguère encore la finale -ète était moins brève que -ette: il est bien difficile de saisir aujourd’hui une différence entre les mots qu’on vient de lire[137]. Vous êtes s’est lui-même fort abrégé, malgré l’accent circonflexe, surtout devant un mot, parce qu’il perd l’accent: vous êtes fou. En vers pourtant, la finale -ète reste souvent plus longue et plus ouverte, au moins pour rimer avec -ête, et cette ouverture se maintient parfois dans la diction soutenue pour certains mots, comme prophète et surtout poète[138]. Mais quand on dit dans le langage courant les poètes français, il est bien certain que l’e de poète n’est pas plus ouvert que celui de muette.

Couette et bouette s’écrivent aussi coite et boite, et se prononcent ainsi. Quelques-uns prononcent encore foite et foiter pour fouette et fouetter, mais cette prononciation est désormais surannée, presque autant que celle de foi pour fouet: c’est toujours la réaction fâcheuse de l’orthographe sur la prononciation, mais on n’y peut rien[139].

-ef et -effe ou -èphe: f, relief, chef, greffe[140].

-èche: bobèche, sèche. Malgré l’accent circonflexe, pimbêche a aussi l’e bref. Pourtant il s’écrivait autrefois avec un s[141]; ainsi:

Haute et puissante dame Yolande Cudasne
Comtesse de Pimbesche, Orbesche, et cætera;

mais il faut croire que l’e s’est abrégé, ou bien cet sch venait de l’allemand, et équivalait au ch français: l’accent circonflexe ne serait donc pas justifié. En revanche on allonge quelquefois l’e dans crèche et brèche, en achevant de l’ouvrir[142].