I. O fermé.—L’o est fermé et long, avant tout, dans tous les mots en -ose, comme eu dans la finale -euse: on peut comparer chose et fâcheuse, dose et hideuse, rose et peureuse; et, de même que pour -euse, c’est un des points sur lesquels il importe le plus de corriger certaines prononciations dialectales, qui ouvrent partout o et eu[265].
A part les mots en -ose, o tonique avec consonne articulée n’est plus fermé et long qu’avec l’accent circonflexe, et dans un certain nombre de mots en -ome, -one, -os et -osse, que nous allons voir dans leurs catégories respectives.
Partout ailleurs l’o tonique est ouvert, mais, comme a, e et eu, avec certaines différences de quantité[266].
II. O ouvert bref.—L’o est naturellement bref devant une explosive brusque, c, t, p, ou une spirante sourde, f, ch, s: roc, coke, baroque, loch et même l(o)och, en une syllabe; dot, radote et carotte; stop, stoppe et métope; sous-off, étoffe et philosophe; roche; rosse et féroce[267].
Il n’y a d’exceptions que pour l’s.
D’abord l’o est long et fermé dans adosse et endosse (de dos), dans grosse et engrosse (de gros), dans fosse (on ne sait trop pourquoi), et aussi désosse (du pluriel os).
Mais surtout les mots en -os demandent un examen particulier. En principe, l’o y est ouvert et bref, mais il y a une tendance manifeste à le fermer et à l’allonger, peut-être par analogie avec les mots en -os à s non articulé. On dit, et on doit dire de préférence: un os, avec o ouvert et en faisant sonner l’s, des o(s), avec o fermé, comme do(s) et gro(s); toutefois, on dit de plus en plus des os avec o fermé et s articulé; et cette prononciation réagit parfois sur le singulier: un os, avec o fermé[268]. D’autre part, les avis sont partagés sur rhinocéros, mérinos, albatros, et même albinos; je pense qu’il vaut mieux fermer l’o dans ces quatre mots[269].
A vrai dire, les mois en -os, dont le nombre s’est fort augmenté, sont empruntés au grec le plus souvent, et la plupart sont des noms propres. Ceux qui n’en sont pas, mots savants, comme pathos, tétanos, peplos, cosmos, ou sphynx atropos, devraient tous avoir l’o bref, en vertu de l’étymologie. Mais cette prononciation, qui est de pure érudition, est en contradiction avec la tendance du français pour les mots en -os. Dès lors, une foule de gens fort instruits, et même sachant du grec (il est vrai qu’ils le prononcent fort mal), ferment l’o sans hésitation, par exemple, dans ce vers de Molière:
On voit partout chez vous l’ithos et le pathos!
Il en est de même pour tétanos, et cette prononciation est peut-être destinée à l’emporter sur la bonne. Elle ne peut, d’ailleurs, choquer que les érudits[270].