Le groupe ouin, dissyllabe autrefois, est aujourd’hui monosyllabe, comme oin[380].
6º Les cas particuliers de la nasale ON.
La nasale on n’a d’intéressant que monsieur, où on, réduit d’abord à o—on dit encore parfois mosieu par plaisanterie—s’est réduit en définitive à un e muet (mesieu) qui, comme la plupart des e muets, disparaît ordinairement dans la prononciation rapide[381].
Nous avons parlé plus haut des mots en -aon, à finale monosyllabique, prononcée an[382].
On final ne se nasalise pas dans quelques mots empruntés au grec: epsilon, omicron, kyrie eleison, gnôthi seauton, etc., ni dans sine qua non ou baralipton, ou les expressions italiennes con brio, con moto, etc.; mais en physique on nasalise micron[383].
7º Les cas particuliers de la nasale UN.
La nasale un (ou um) se prononce on dans les mots latins: secundo, conjungo, de profundis; dans rhumb, lumbago et plumbago, dans jungle et junte, et dans punch[384]. Mais pourquoi ponch, qui n’est ni anglais, ni français? et pourquoi ponch à côté de lunch, qui se francise avec la nasale un, si bien que nous en avons fait luncher? Ce sont des mystères que nul ne peut expliquer.
Mais le point capital à propos de la nasale un, c’est de ne pas la prononcer in! On entend trop souvent in jour, in homme. Heureusement ce n’est pas encore chose très fréquente chez les gens qui ont quelque instruction; mais il est peu de fautes plus choquantes.