A la fin des mots, ch appartient presque uniquement à des mots étrangers, et garde presque partout le son du c guttural: krac(h), varec(h) et loc(h), et aussi yac(ht)[543].

Il garde pourtant le son chuintant du français dans match et tzaréwitch, dans chaouch, tarbouch et farouch, dans lunch et punch francisés[544].

Ch est muet dans almana(ch), où la réaction orthographique n’a pas encore réussi à le rétablir, le mot étant trop populaire, et connu par l’oreille encore plus que par l’œil, comme estoma(c) et taba(c)[545].

2º Le CH intérieur.

Dans le corps ou en tête des mots proprement français, ch a naturellement le son chuintant devant une voyelle; chuintante forte, bien entendu, et non chuintante douce: il faut se garder de prononcer ajète pour achète, comme il arrive trop souvent à Paris[546].

Toutefois, dans un très grand nombre de mots plus ou moins savants, et notamment des mots tirés du grec, ch a gardé, parfois même il a repris, après l’avoir perdu, le son que nous lui donnons en latin, c’est-à-dire celui du c guttural.

I. Devant a, o, u.—Devant les voyelles a, o, u, le phénomène ne souffrait pas de difficultés, parce que l’oreille était accoutumée au son guttural du c devant ces voyelles. Par suite:

1º On prononce ca (ou can) dans gutta-perc(h)a et les mots en -archat, dans c(h)aos, c(h)alcédoine, c(h)alcographie, bacc(h)anale et bacc(h)ante, dans arc(h)ange, arc(h)aïque, troc(h)anter, euc(h)aristie, sacc(h)arifère; mais non dans fil d’archal, qui est français et très ancien[547].

2º On prononce co dans éc(h)o; dans tous les mots commençant par chol- et chor-, comme c(h)oléra, c(h)orus, c(h)oral, etc., avec c(h)œur, et leurs dérivés ou composés, comme anac(h)orète; dans psyc(h)ologie[548], calc(h)ographie, inc(h)oatif, batrac(h)omyomachie, dic(h)otomie, bronc(h)opneumonie ou bronc(h)otomie (malgré bronche et bronchite), dans arc(h)onte et péric(h)ondre et quelques autres mots moins répandus; mais non dans maillechort (tiré des noms propres français Maillot et Chorier), ni dans vitchoura, où tch représente le polonais cz[549].

3º On prononce cu dans catéc(h)umène ou isc(h)urie[550].