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Le ch anglais se prononce tch en principe: speech, sandwich, mail-coach, rocking-chair et steeple-chase; de même l’espagnol chulo, cachetera ou cachucha. On francise pourtant le ch dans chester, comme dans chinchilla et chipolata, souvent aussi quand il est final comme dans speech ou sandwich[560].
Le groupe étranger sch a partout le son du ch français: ha(s)chi(s)ch, scotti(s)ch, kir(s)ch ou (s)chabraque, (s)chlague et (s)chnick, et (s)chibboleth, et même p(s)chent qu’on prononce aussi pskent[561].
Le son chuintant de ce groupe est si connu qu’il est passé même à des mots d’origine grecque (devant e et i), où il n’est pas justifié du tout: (s)chéma ou (s)chème, (s)chisme et (s)chiste auraient dû se prononcer par sk, comme nous prononçons schola cantorum, eschare, ou l’italien scherzo[562].
D
A la fin des mots, le d est muet dans les mots français ou tout à fait francisés. Ces mots se terminent presque tous en -and, -end (prononcé an) et -ond, comme gourman(d), défen(d) ou fécon(d); en -aud et -oud, comme chau(d) et cou(d); en -ard, -erd, -ord et -ourd, comme regar(d), per(d), accor(d) et sour(d), tous avec ou sans s[563].
C’est par un abus tout à fait injustifié qu’on prononce parfois le d de quan(d) devant une consonne, comme s’il y avait une liaison, c’est-à-dire avec le son d’un t[564].
Parmi ces finales, seule la finale -and comprend quelques mots étrangers où le d se prononce: hinterland, stand[565].
Pour les autres finales, le d est également muet dans les mots proprement français; mais ils sont peu nombreux: pie(d), longtemps écrit pié, et sie(d), avec leurs composés; nœu(d), lai(d) et plai(d), poi(ds) et froi(d), ni(d) et mui(d), avec palino(d), et, par analogie, l’anglais plai(d), qui n’a pas de rapport avec l’autre.
A part plai(d), le d final se fait entendre dans tous les mots étrangers: lad, oued, caïd, celluloïd, lloyd, li(e)d, zend, éphod, yod, kobold, talmud et sud, avec le latin ad[566].