J'ignore d'où provient le mal; mais il se passe ici des choses bien étranges! Quelque démon y souffle un feu secret. Notre maître est sombre à périr; il nous éloigne tous de lui. Vous êtes sans cesse à pleurer. Mademoiselle est suffoquée. Monsieur votre fils désolé!.... Monsieur Bégearss, lui seul, imperturbable comme un dieu! semble n'être affecté de rien; voit tous vos chagrins d'un œil sec......
LA COMTESSE.
Mon enfant, son cœur les partage. Hélas! Sans ce consolateur, qui verse un baume sur nos plaies; dont la sagesse nous soutient; adoucit toutes les aigreurs; calme mon irascible époux; nous serions bien plus malheureux!
SUSANNE.
Je souhaite, Madame, que vous ne vous abusiez pas!
LA COMTESSE.
Je t'ai vue autrefois lui rendre plus de justice! (Susanne baisse les yeux). Au reste il peut seul me tirer du trouble où cette enfant m'a mise. Fais le prier de descendre chez moi.
SUSANNE.
Le voici qui vient à propos; vous vous ferez coëffer plus tard. (Elle sort).
SCÈNE II.