LA COMTESSE, BÉGEARSS.

LA COMTESSE, douloureusement.

AH! mon pauvre Major; que se passe-t-il donc ici? Touchons nous enfin à la crise que j'ai si long-temps redoutée; que j'ai vu de loin se former? L'éloignement du Comte pour mon malheureux fils semble augmenter de jour en jour. Quelque lumière fatale aura pénétré jusqu'à lui!

BÉGEARSS.

Madame, je ne le crois pas.

LA COMTESSE.

Depuis que le ciel m'a punie par la mort de mon fils aîné, je vois le Comte absolument changé: au lieu de travailler avec l'ambassadeur à Rome, pour rompre les vœux de Léon; je le vois s'obstiner à l'envoyer à Malthe.——Je sais de plus, Monsieur Bégearss, qu'il dénature sa fortune, et veut abandonner l'Espagne, pour s'établir dans ce pays.—L'autre jour à dîner, devant trente personnes, il raisonna sur le divorce d'une façon à me faire frémir.

BÉGEARSS.

J'y étais; je m'en souviens trop?

LA COMTESSE, en larmes.