DE SAINT-PRÉ, seul.
Il est en proie à une vive agitation; il écrit une lettre; il se promène ensuite dans son cabinet, parlant tout haut, s'interrompant à tous moments pour pousser de violents et douloureux soupirs; il souffre de l'outrage qu'il subit, et de la part de qui? De sa femme.... Il se plaint amèrement; il pleure...
SCÈNE II.
LE MÊME, MADAME DE MAINVILLE.
Madame de Mainville est une femme mondaine, mais qui a bon cœur et dont la conduite, quoique peut-être un peu légère, du moins en apparence, est au moins restée honnête.
Elle trouve de Saint-Pré tout défait, accablé, le visage sombre et altéré. Elle s'en étonne.
De Saint-Pré[190].—«Ce n'est rien; j'ai reçu votre lettre, madame. Voici les cinquante louis que vous m'avez fait demander.
Madame de Mainville.—«Merci; cette somme est tout ce qu'il me faut pour les frais d'un voyage qui sera court. Je vais vous donner un reçu.
De Saint-Pré refuse; il a toute confiance.
De Saint-Pré.—«Quand partez-vous?