Le store de la baie était mû par une cordelette. Je le fis choir. Je tordis une solide laisse que je fixai au collier métallique du guépard.

J'entr'ouvris la porte.

—Là, maintenant tu peux aller. Doucement, eh! doucement.

J'avais en effet toutes les peines du monde à modérer l'ardeur d'Hiram-Roi qui m'entraînait à travers le ténébreux dédale des couloirs.

Il était un peu moins de neuf heures et les veilleuses roses étaient presque éteintes dans leurs niches. De temps en temps, nous en croisions une qui jetait en grésillant ses derniers feux. Quel labyrinthe! D'ores et déjà, je savais que je ne pourrais pas reconnaître le chemin de la chambre. Je n'avais qu'à suivre le guépard.

D'abord furieux, il s'était, petit à petit, habitué à me remorquer. Il filait, presque à ras du sol, avec des reniflements de bonheur.

Rien qui ressemble à un corridor noir comme un corridor noir. Un doute me vint. Si j'allais me prouver tout à coup dans la salle de baccara. Mais c'était de l'injustice envers Hiram-Roi. Frustrée, elle aussi, depuis trop longtemps, d'une chère présence, elle me conduisait bien, la brave bête, là où je souhaitais qu'elle me conduisît.

Soudain, à un tournant, l'obscurité vers laquelle nous marchions s'irradia. Une rosace verte et rouge, d'un éclairage très pâle, apparut.

En même temps, le guépard s'arrêtait avec un miaulement sourd devant une porte où était découpée cette rosace lumineuse.

Je reconnus la porte que m'avait fait franchir, le lendemain de mon arrivée, le Targui blanc, quand j'avais été assailli par Hiram-Roi, quand je m'étais trouvé en présence d'Antinéa.