Il bondit avec un glapissement aigu.

Ce que je prévoyais était arrivé.

Le premier bond d'Hiram-Roi l'avait porté au milieu des Touareg blancs, semant le désarroi dans ce corps de garde. D'un autre bond, il était rentré dans l'ombre. J'entrevis vaguement la bouche ténébreuse d'un second couloir, de l'autre côté de la pièce, vis-à-vis de celui où je m'étais arrêté.

«C'est là», pensai-je.

Dans la pièce, la confusion était indescriptible, muette cependant, et l'on voyait que la proximité d'une grande présence imposait cette réserve aux gardes exaspérés. Les mises et les cornets à dés avaient roulé d'un côté, les tasses de l'autre.

Deux des Touareg, violemment courbaturés, se frottaient les côtes avec de sourds jurons.

Inutile de dire que j'avais profité de ce silencieux tohu-bohu pour me glisser dans la pièce. J'étais maintenant blotti contre la paroi du second couloir, celui par lequel venait de disparaître Hiram-Roi.

Au même instant, un timbre clair tinta dans le silence. Au tressaillement qui secoua les Touareg, je constatai que l'itinéraire que j'avais suivi était le bon.

Un des six hommes se leva. Il passa à côté de moi, j'emboîtai son pas. Mon calme était parfait. Le moindre de mes mouvements était admirablement calculé.

«Au point où j'en suis, me répétai-je, qu'est-ce que je risque: d'être reconduit poliment chez moi.»