—Moi aussi,—dit-elle d'une voix éteinte,—je veux partir; il y a longtemps que je veux partir. Je veux revoir Gâo, le village au bord du fleuve, les gommiers bleus, l'eau verte.
Elle répéta:
—Depuis que je suis ici, je veux partir; mais je suis trop petite pour aller seule dans le grand Sahara. Jamais je n'ai osé en parler à ceux qui sont venus ici, avant toi. Tous, ils ne pensaient qu'à elle... Mais toi, tu as voulu la tuer.
Je poussai un gémissement sourd.
—Tu souffres,—dit-elle,—ils t'ont cassé le bras.
—Démis, tout au moins.
—Montre.
Avec une infinie douceur, elle passait sur mon épaule ses petites mains plates.
—Il y a un Targui blanc en sentinelle derrière ma porte, Tanit-Zerga,—fis-je.—Par où es-tu venue, alors?