Elle frappa du pied.
—Mais quoi?... Reste, si tu veux, si tu as peur; moi je partirai; je veux revoir Gâo, les gommiers bleus, l'eau verte.
Je me sentis rougir.
—Je partirai, Tanit-Zerga, je préfère mourir de soif au milieu des sables que rester ici. Allons...
—Chut,—fit-elle, pas encore.
Elle me montrait la vertigineuse arête éclairée violemment par la lune.
—Pas encore, il faut attendre. On nous verrait. Dans une heure, la lune aura tourné derrière la montagne, ce sera le moment.
Elle s'assit et resta sans mot dire, son haïk ramené complètement sur sa petite figure sombre. Priait-elle? Peut-être.
Soudain, je ne la vis plus. L'obscurité était entrée par la fenêtre. La lune avait tourné.
La main de Tanit-Zerga s'était posée sur mon bras. Elle m'entraînait vers le gouffre; je m'appliquai à ne pas trembler.