Voici:
Elle était dessiné avec beaucoup de régularité, les caractères assez profondément entaillés dans la roche. Sans avoir, à cette époque, une grande science des inscriptions rupestres, je n'eus pas de peine à reconnaître celle-là comme très ancienne.
Morhange la considérait avec un air de plus en plus radieux.
Je lui jetai un regard interrogateur.
—Eh bien! Qu'en dites-vous?—fit-il.
—Que voulez-vous que je dise? Je vous répète que je sais à peine déchiffrer le tifinar.
—Voulez-vous que je vous aide?—proposa mon compagnon.
Ce cours d'épigraphie berbère, après les émotions par lesquelles nous venions de passer, me semblait pour le moins inopportun. Mais la joie de Morhange était tellement visible que je me serais fait un scrupule de la lui gâter.
—Eh bien donc,—commença mon compagnon, aussi à son aise que devant un tableau noir,—ce que vous remarquerez d'abord dans cette inscription, c'est sa répétition en forme de croix. C'est-à-dire qu'elle contient deux fois le même mot de bas en haut, et de droite à gauche. Le mot qui la compose étant de sept lettres, la quatrième lettre, **W**, se trouve figurer naturellement au centre. Cette disposition, unique dans l'épigraphie tifinar, est déjà assez remarquable. Mais il y a mieux. Déchiffrons maintenant.