Me trompant trois fois sur sept, j'arrivai, avec l'aide patiente de Morhange, à épeler le mot.

—Y êtes-vous?—fit, avec un clignement d'œil, Morhange, quand je fus au bout de mon exercice.

—Moins que jamais,—répondis-je un peu agacé,—j'ai épelé le mot: a, n, t, i, n, h, a: Antinha. Antinha, je ne vois aucun mot de ce genre, ni qui s'en rapproche, dans tous les dialectes sahariens que je connais.

Morhange se frotta les mains. Sa jubilation prenait des proportion insolites.

—Vous avez trouvé. C'est précisément en quoi cette découverte est unique.

—Comment?

—Il n'y a rien en effet, ni en arabe, ni en berbère, d'analogue à ce mot.

—Alors?

—Alors, mon cher ami, c'est que nous sommes en présence d'un vocable étranger traduit en caractères tifinar.

—Et ce vocable appartient, selon vous, à quelle langue?