— Je voudrais vous parler, dit Lorillard.
Brigontal secouant la tête, déclara, d’une voix acerbe :
— C’est inutile, mon garçon, c’est tout à fait inutile…
Il porta les mains à sa tête chauve, bossuée.
— Tous les mêmes, ces êtres-là ! s’écria-t-il en colère. Au bout de quelques semaines, il leur faut une augmentation ! Enfin, je ne suis pas mécontent de vous. Vous aurez dix francs de plus par mois. Par exemple, n’y revenez pas, hein !
— Monsieur Brigontal, prononça péniblement Lorillard, je ne désire pas une augmentation… Il s’arrêta, regarda le bout de ses souliers, et dit, comme s’adressant à eux :
— Votre fonds, Monsieur Brigontal, je vous l’achète, si nous pouvons nous entendre.
M. Brigontal pencha le buste, comme s’il eût reçu un coup de poing dans le creux de l’estomac, et il répliqua, vexé :
— Mon ami, je ne plaisante jamais avec mes employés !
— Onze mille francs, cria Lorillard à tue-tête, je vous offre onze mille francs. Cela va-t-il ?