— Voilà pour le côté sentiment. Passons au côté sérieux. Valentine a été chez M. Malicet, hier. Elle a la commande.

— Elle a la commande ! la commande ! répéta Fortuné, hors de lui. Elle me la donnera ?

— Oui, répondit Ernest, oui, à la condition que tu connais.

— A combien se monte-t-elle, la commande ?

— Soixante-quinze billets. Vingt au moins de bénéfice certain ; dix du cent pour Malicet, autant pour moi. Et ce n’est qu’un commencement.

— Alors, dit Lorillard, c’est entendu. Explique-moi vite l’affaire, que je prenne mes dispositions avec des agents de fabriques. Quand aurais-je le bon ?

— Une minute, mon petit. Valentine se conduit toujours avec prudence. Tu recevras le bon quand il sera temps…, et quand il y aura eu entre Angèle et toi rupture irréparable.

— Diable ! s’écria Lorillard, plongeant fiévreusement ses doigts dans ses cheveux. Ma femme ne consentira jamais à divorcer. Et comment l’y obligerais-je ? Je n’ai aucun grief contre elle.

— On trouve toujours, quand on veut. Veux-tu vraiment ?

— Oui, prononça Lorillard, de plus en plus affolé par l’ambition.