— On ne répond pas, articula-t-il, sans étonnement, quelques minutes après. Je vais m’adresser à notre agent de change.
On répondit, cette fois. Et Bazenet, raccrochant le récepteur, regarda Lorillard, et prononça, d’une voix très douce :
— Paiements suspendus. Gentillot en fuite.
Fortuné, pâle et trépidant, voulait courir aussitôt à la Banque, prendre des mesures, activer les recherches de la justice.
Bazenet haussa les épaules, et, rallumant sa pipe, il assura :
— C’est bien inutile. Vous pensez bien que les gendarmes sont à ses trousses. Ils le rattraperont peut-être, mais point votre argent, à ce que je crains. Gentillot a certainement pris ses précautions.
Il caressa du doigt ses narines charnues, puis il ajouta, sans aucune tristesse :
— Hé ! Hé ! Savez-vous que nous allons sauter aussi, nous autres ?
Lorillard, les mains en avant, s’élança vers Bazenet, comme pour l’étrangler.
— Comment ! Qu’est-ce que vous racontez ? Avec les affaires que nous faisons ici ? Impossible ! Vous vous moquez de moi…