[18] M. Hervart était intendant des finances et l'un des plus intrépides joueurs de l'époque, avec Fouquet, Gourville et le marquis de Clérambault (Mémoires de Gourville).
[19] Bibliothèque royale, manuscrit. Lettres de Mazarin. Cette lettre et la réponse de Colbert ont été publiées par M. Champollion-Figeac: Documents inédits sur l'histoire de France, t. II, p. 501 et suiv.—On voit par la réponse de Colbert, publiée également dans les Documents inédits, que la lettre du cardinal, qui ne porte point de date, était du 20 octobre 1659.
[20] On lit ce qui suit au sujet de la fortune du cardinal Mazarin dans les Remontrances du parlement de Paris au roi et à la reine régente, en date du 21 janvier 1649. «Quant à l'abus et à la deprédation des finances, le cardinal Mazarin oserait-il dire qu'il y ait eu quelques limites à sa convoitise?... Il suffit de dire qu'il est le maître, qu'il prend tout ce qu'il peut toucher comme s'il était sien; qu'il a conservé et augmenté le nombre des partisans et gens d'affaires, qui sont les sangsues qui lui facilitent les moyens pour avoir de l'argent comptant, et qu'on ne trouve presque plus d'or ni de bonne monnaie en France. Jugez de là, sire, où il est.» Le parlement ajoute que, grâce à ces concussions, le royaume est si fort épuisé qu'il y a peu de personnes à la campagne auxquelles il reste un lit pour se coucher, moins encore qui aient du pain pour se nourrir en travaillant, et qu'il n'y en a point du tout qui puissent vivre sans incommodité, (Collection des anciennes lois françaises, etc., par MM. Isambert, Decrusy et Taillandier, t. XVII, année 1649). Enfin, on cite un mot très-naïvement plaisant du duc de Mazarin, héritier des biens immenses du cardinal, «Je suis bien aise, disait-il, qu'on me fasse des procès sur tous les biens que j'ai eus de M. le cardinal. Je les crois tous mal acquis, et du moins quand j'ai un arrêt en ma faveur, c'est un titre, et ma, conscience est en repos» (Mémoires de l'abbé de Choisy, liv. II).
[21] Mémoires de madame de Motteville, de l'abbé de Choisy, de Gourville, de Brienne, etc. Madame de Motteville, si calme et si circonspecte d'ordinaire, appelle Fouquet un grand voleur. Dans un autre passage de ses mémoires, on lit ce qui suit: «On a dit qu'on avait trouvé du poison chez lui et on a quelque soupçon qu'il avait empoisonné le cardinal.»
[22] Défenses de M. Fouquet, t. II, p. 98. Il est à remarquer que, dans tout le cours de ses défences, Fouquet parle de Colbert dans les termes les plus méprisants, l'accuse à son tour de concussion, de vol, l'appelle le domestique de Mazarin, qui avait sa bourse et son cœur. Il semble donc que si Colbert était perfidement intervenu auprès de Fouquet pour l'engager à vendre sa charge de procureur général, celui-ci n'eût pas manqué de le lui reprocher. Cependant, car il faut tout dire, on lit dans le premier discours au roi de Pélisson en faveur de Fouquet, que Louis XIV avait insinué au surintendant de loin, et comme en passant, que peut-être il ne ferait pas mal de quitter sa charge de procureur général, étant obligé désormais d'employer tout son temps à autre chose. C'est alors que, suivant Pélisson, fermant l'oreille aux conseils de ses amis alarmés, Fouquet se serait défait sans hésitation de la chose du monde qu'il avoit toujours tenue pour la plus précieuse.
[23] Œuvres de Louis XIV. T. I. Instructions au Dauphin.
[24] Mémoires inédits de Brienne, publiés par M.F. Barrière; t. II, p. 186.
[25] Mémoires inédits de Brienne, t. II, p, 200.
[26] Œuvres de Louis XIV, t. I, p. 101. Les Instructions au Dauphin ont été dictées par Louis XIV à Pélisson et rédigées par ce dernier. C'est un document historique des plus intéressants et dont l'authenticité a été établie d'une manière irréfutable par les éditeurs des Œuvres de Louis XIV. Comment Pélisson, qui avait publié des plaidoyers si touchants en faveur de Fouquet, eut-il le triste courage d'écrire les accusations que l'on vient de lire? C'est ce que l'on a peine à comprendre. Lors de la révocation de l'édit de Nantes, Pélisson, protestant converti, fut chargé de diriger les conversions de ses anciens coreligionnaires, et reçut, en raison des services qu'il rendit alors, des gratifications considérables (V. Histoire de Colbert, chap. III). C'est de lui que Voltaire a dit: «Il eut le bonheur d'être éclairé et de changer de religion dans un temps où ce changement pouvait le mener aux dignités et à la fortune» (Siècle de Louis XIV, chap. XXVI).
[27] Œuvres de Louis XIV, t. V.