[1591] Var. Celle qui de tout temps a possédé mon âme,
Une sœur qui, reçue en mon lit pour moitié[1591-a],
D'un lien plus étroit serre notre amitié. (1634-57)
[1591-a] Une sœur qui, reçue à mon lit pour moitié. (1654 et 57)
[1592] Var. Ce colère Alcidon tient en gage ma foi.
CÉLIDAN, à Philiste. Voilà de ta parole un manque trop visible.
PHILISTE, à Célidan. Je t'ai bien tout promis ce qui m'étoit possible,
Mais une autre promesse ôte de mon pouvoir
Ce qu'aux plaisirs reçus je me sais trop devoir. (1634-57)
[1593] Var. Disputer maintenant contre vous ce qu'il aime. (1634-57)
Var. Contre votre faveur disputer ce qu'il aime. (1660)
[1594] Var. Le désordre qu'on lit en mon âme étourdie
Vient moins de votre aspect que de sa perfidie. (1634-57)
[1595] Je forcène, c'est-à-dire j'enrage.
[1596] Var. [Ce traître assure ainsi ma perte et son amour.]
O honte! ô crève-cœur! ô désespoir! ô rage!
Qui venez à l'envi déchirer mon courage,
Au lieu de vous combattre, unissez vos efforts
Afin de désunir mon âme de mon corps.
Je tiens les plus cruels pour les plus favorables.
Mais pourquoi vous prier de m'être secourables?
Je mourrai bien sans vous: dans cette trahison,
Mon cœur n'a, par les yeux, que trop pris de poison.
Perfide, à mes dépens tu soûles donc ta braise[1596-a],
Et mon honneur perdu contribue à ton aise?
CÉLIDAN, à Alcidon. Traître, jusques ici j'ai caché tes défauts,
Et pour remercîment tu m'en donnes de faux?
[Cesse de m'outrager, ou le respect des dames.] (1634-57)
[1596-a] Ce vers et le suivant ne se trouvent sous cette forme que dans l'édition de 1634; dans celles de 1644-57, ils sont semblables aux vers 1915 et 1916 de notre texte.
[1597] Var. Il faut lever le masque, il faut te confesser
Qu'une toute autre ardeur occupoit mon penser. (1634-57)
[1598] On lit foible dans l'édition de 1682, mais c'est une faute typographique qui mérite à peine d'être relevée.