PHYLIS.
J'ai fait, et vous vais suivre.
Adieu: par mon exemple apprends comme il faut vivre,
Et prends pour Alidor un naturel plus doux.1480
(Cléandre, Doraste, Phylis et Lycante rentrent.)
ANGÉLIQUE.
Rien ne rompra le coup à quoi je me résous:
Je me veux exempter de ce honteux commerce
Où la déloyauté si pleinement s'exerce;
Un cloître est désormais l'objet de mes desirs:
L'âme ne goûte point ailleurs de vrais plaisirs.1485
Ma foi qu'avoit Doraste engageoit ma franchise;
Et je ne vois plus rien, puisqu'il me l'a remise,
Qui me retienne au monde, ou m'arrête en ce lieu:
Cherche une autre à trahir; et pour jamais, adieu[889].
SCÈNE VIII.
ALIDOR[890].
Que par cette retraite elle me favorise!1490
Alors que mes desseins cèdent à mes amours,
Et qu'ils ne sauroient plus défendre ma franchise,
Sa haine et ses refus viennent à leur secours.
J'avois beau la trahir, une secrète amorce
Rallumoit dans mon cœur l'amour par la pitié:1495
Mes feux en recevoient une nouvelle force,
Et toujours leur ardeur en croissoit de moitié.