On pourrait multiplier les rapprochements de ce genre. Ce sont des preuves, nous le savons et l'avons dit, qui à elles seules ne suffisent pas; mais ici, nous le répétons également, elles en viennent confirmer d'autres, et, pour notre compte, quand nous les pesons toutes, nous ne doutons guère que Corneille ne soit l'auteur de ce troisième acte de la Comédie des Tuileries. Notre conviction fût-elle moindre et nous restât-il quelque incertitude, nous croirions cependant devoir lui donner place dans ce volume, aimant mieux nous exposer à faire figurer parmi les ouvrages de notre poëte un morceau douteux, qu'à en omettre un qui fût vraiment son œuvre.

ARGUMENT[897].

Aglante, promis à Cléonice, se rend à Paris pour son mariage. A son arrivée, il entre dans une église ou, pour parler son langage, dans un temple où il invoque les Dieux. Là il rencontre sa future, dont il devient tout à coup amoureux sans la connaître. Il fait prendre quelques renseignements à son sujet, et on lui rapporte faussement qu'elle se nomme Mégate. La jeune fille veut à son tour savoir le nom de celui qui s'est si subitement épris d'elle; mais Aglante, déguisant aussi le sien, fait dire qu'il s'appelle Philène. Trompés par ces faux noms, ils veulent tous deux éviter l'hymen auquel on les destine. Cléonice fuit la maison paternelle sous le costume d'une jardinière, et va se précipiter dans le carré d'eau, d'où elle est aussitôt retirée; Aglante, désespéré, se jette dans la fosse des lions des Tuileries qui, par bonheur, ne lui font aucun mal. A la fin tout s'explique, et les amants se reconnaissent et s'épousent.


ACTEURS (du iiie acte).

AGLANTE, gentilhomme françois.
ARBAZE, oncle d'Aglante.
ASPHALTE, confident d'Aglante.
CLÉONICE, suivante.
ORPHISE, voisine[898] de Cléonice.
FLORINE, voisine d'Arbaze.

(La scène est aux Tuileries.)

LA

COMÉDIE DES TUILERIES.