ASPHALTE.

Il est vrai qu'il adore un autre objet que vous,
Et votre esprit peut-être en est un peu jalous[912];
Mais si vous aviez vu l'excès de sa tristesse,
Et combien de soupirs lui coûte sa maîtresse,
Vous seriez la première à plaindre ses malheurs.315

FLORINE.

Quelque orgueilleux mépris fait naître ses douleurs.

ASPHALTE.

La beauté dont Aglante idolâtre les charmes
D'un déluge de pleurs accompagne ses larmes;
Arbaze, unique auteur de tous leurs déplaisirs,
Oppose sa puissance à leurs chastes desirs;320
Son esprit irrité court à la violence:
La prière l'aigrit et la raison l'offense.
Il vient, la force en main; et l'ayant vu partir,
J'ai cru de mon devoir de les en avertir.
Les voilà tout en pleurs.

(Il faut toujours remarquer que Cléonice ne doit paroître[913] le visage découvert devant Florine.)

FLORINE.

Évitons leur présence;325
Mes larmes ne sauroient couler par complaisance:
Mon humeur est trop gaie, et, pour ne rien celer,
J'aime mieux rire ailleurs que de les consoler.