LA
GALERIE DU PALAIS
COMÉDIE
1634
NOTICE.
Cette comédie, qui a eu plus de succès que toutes celles que Corneille a fait représenter avant le Cid[1], est curieuse à divers titres, et principalement pour l'histoire du théâtre.
D'abord c'est dans cette pièce qu'il a substitué pour la première fois, comme il en fait lui-même la remarque[2], une suivante à la nourrice traditionnelle de la vieille comédie qu'il avait fait figurer dans Mélite et dans la Veuve. A partir de ce moment, l'acteur Alison, dont on ignore le nom véritable, et qui remplissait sous le masque cet emploi de nourrice, ne joua plus jusqu'à sa retraite que certains rôles de vieilles femmes ridicules. En jetant les yeux sur la planche qui se trouve en tête de la Veuve, dans les éditions de 1660 et 1664, on est frappé de l'air masculin de la nourrice, et l'on se demande si le dessinateur n'a pas voulu représenter le visage ou le masque d'Alison.
Ensuite notre poëte, qui a dit spirituellement dans la préface de Clitandre, en parlant de la scène, dont il abandonne le choix au lecteur: «Où vous l'aurez une fois placée, elle s'y tiendra,» nous présente ici, au premier acte et au quatrième, un lieu non-seulement très-bien déterminé, mais réel, la Galerie du Palais, parfaitement connue de tous ses auditeurs, qui durent sans aucun doute prendre grand plaisir à ce spectacle, car aujourd'hui encore ce moyen de succès, bien qu'on en ait fort abusé, manque rarement son effet.