En écrivant le vers:
«Et malheureux objet d'une injuste rigueur,»
notre poëte reste obscur ou inintelligible, là où l'espagnol est très-clair, puisqu'il entend parler de la rigueur injuste de la Fortune, dont il n'est rien dit dans le français.
. . . . Fortuna. . . .
Tan en mi daño ha sido
tu mudanza. . . . et plus loin. . . . tu inclemencia....
Rodrigue, après ce morceau lyrique, emprunte encore une trentaine de vers de romance, où il n'est plus question de son amour, mais où l'on aperçoit le germe du vers si connu:
«La valeur n'attend point le nombre des années[572];»
. . . . . pues que tengo
mas valor que pocos años.
Scène IVe. Le Comte, suivi de serviteurs armés, se promène avec son cousin Peranzules. Il convient, comme chez Corneille il avoue à don Arias[573], qu'il a eu le sang un peu chaud dans la querelle; mais il n'entend pas s'humilier en satisfactions.
Ici se place un emprunt que Corneille n'a pas dû signaler. Dans un temps où l'on punissait les duels, il ne pouvait conserver ces vers remarquables:
«Ces satisfactions n'apaisent point une âme:
Qui les reçoit n'a rien, qui les fait se diffame,
Et de pareils accords l'effet le plus commun
Est de perdre d'honneur deux hommes au lieu d'un[574];»