«.... Après tout, que pensez-vous donc faire?

CHIMÈNE.

Pour conserver ma gloire et finir mon ennui,
Le poursuivre, le perdre, et mourir après lui[589]

Les vers espagnols, cités en partie par Corneille, mais intervertis par lui à tort, sont ainsi disposés dans le texte:

ELVIRE.

Pues como harás, no lo entiendo,
estimando el matador
y el muerto?—Xim. Tengo valor,
y habré de matar muriendo[590].
Seguiréle hasta vengarme....

RODRIGO.

Mejor es que mi amor firme,
con rendirme,
te dé el gusto de matarme
sin la pena del seguirme.

Voltaire, dans son commentaire, cite l'espagnol uniquement d'après Corneille; en admirant le vers: Le poursuivre, etc., il fait l'étrange remarque que voici: «Ce vers excellent, dit-il, renferme toute la pièce, et répond à toutes les critiques qu'on a faites sur le caractère de Chimène. Puisque ce vers est dans l'espagnol, l'original contenait les vraies beautés qui firent la fortune du Cid français.» Voltaire n'a jamais vu l'original, et c'est ce qu'il avoue ici implicitement; mais la Beaumelle lui objecte fort sensément que ce vers:

«Le poursuivre, le perdre, et mourir après lui,»