[191] «Ce Cid Ruis eut querelle avec D. Gomès, seigneur du lieu de Gormès, qui avoit été conquêté par le roi D. Fernand sur les Maures, peu d'années auparavant: tellement que entrant en combat eux deux, D. Gomès fut tué. De lui resta une fille nommée D. Ximena Gomès, laquelle faisoit grandes et continuelles plaintes de la mort de son père; mais il ne passa longtemps qu'elle-même pria le Roi de faire le mariage d'elle et du Cid, ce qu'il fit, et ainsi demeura cette dame toute consolée.» (Histoire générale d'Espagne.... par Loys de Mayerne Turquet. Édition de Lyon, 1587, in-fol., p. 334; édition de Paris, 1635, 2 vol. in-fol., tome I, p. 297.) On lit en marge en manchette: «Fille tôt consolée de la mort de son père.» Évidemment c'est surtout à cette indication, que se rapporte la remarque de Corneille.
[192] Sur ces traductions, voyez, au tome I, le passage de la Notice biographique de Corneille où il est question de ses livres. Nous savons par Fontenelle qu'il eut plus tard aussi dans sa bibliothèque la version espagnole. Il n'en parle pas ici. Son silence s'accorde avec ce qui est dit dans la Notice du Cid (p. 4 et suivantes) au sujet de la traduction ou plutôt de l'imitation de Diamante.
[193] Comedia del Engañarse engañando, jornada segunda; la pièce n'est pas divisée en scènes. Elle a été imprimée en 1625, dans la Segunda parte de las Comedias de don Guillem de Castro. Valencia, por Miguel Sorolla.—Le titre espagnol, qui signifie se tromper en trompant, rappelle par la pensée et par la forme ce vieux proverbe, regretté de la Fontaine (livre IV, fable XI):
Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui,
Qui souvent s'engeigne soi-même.
[194] L'édition espagnole de 1625, indiquée à la note précédente, donne tengo, au lieu de siento, et au dernier vers vencer, au lieu de resistir.
[195] «Si le monde a raison de dire que ce qui éprouve le mérite d'une femme, c'est d'avoir des désirs à vaincre, des occasions à rejeter, je n'aurais ici qu'à exprimer ce que je sens: mon honneur n'en deviendrait que plus éclatant. Mais une malignité qui se prévaut de notions d'honneur mal entendues convertit volontiers en un aveu de faute ce qui n'est que la tentation vaincue. Dès lors la femme qui désire et qui résiste également, vaincra deux fois, si en résistant elle sait encore se taire.»
[196] Voyez tome I, p. 38.
[197] Voyez ci-dessus, p. [47], [48] et [66].
[198] «Le désert ne m'a pas rendu si sauvage que je ne sois touché des raretés qu'on nous apporte du monde,» dit Balzac dans sa lettre à Scudéry.
[199] Allusion aux Lettres choisies du Sieur de Balzac. Paris, Augustin Courbé, 1647, in-8o, 2 parties. La lettre à Scudéry figure à la p. 394 de la 1re partie.—Il faut se souvenir que cet Avertissement a paru pour la première fois dans l'édition de 1648: voyez ci-dessus, p. [79], note 187.