[186] Ce membre de phrase manque dans l'édition de 1637 in-12, qui porte simplement: «alors j'ai cru qu'après les éloges, etc.»

[187] Cet extrait et les remarques qui le suivent ne se trouvent que dans les éditions de 1648-56.—Au lieu de «lib. IXo, cap. vo,» on lit dans les éditions données du vivant de Corneille: «lib. IVo, cap. 5o.» Dans les impressions les plus récentes, à la faute IVo, pour IXo, il s'en est joint une seconde: 50 pour 5o.

[188] «Il avait eu peu de jours auparavant[188-a] un duel avec don Gomèz, comte de Gormaz. Il le vainquit et lui donna la mort. Le résultat de cet événement fut qu'il se maria avec doña Chimène, fille et héritière de ce seigneur. Elle-même demanda au Roi qu'il le lui donnât pour mari (car elle était fort éprise de ses qualités), ou qu'il le châtiât conformément aux lois, pour avoir donné la mort à son père. Le mariage, qui agréait à tous, s'accomplit; ainsi grâce à la dot considérable de son épouse, qui s'ajouta aux biens qu'il tenait de son père, il grandit en pouvoir et en richesses.»

L'Historia general d'España[188-b], d'où Corneille a tiré le fragment qui précède son Avertissement, n'est qu'une traduction libre, faite par le P. Mariana lui-même, de son histoire latine, intitulée Historiæ de rebus Hispaniæ libri XXX, dont les diverses parties ont paru en 1592, 1595 et 1616. Voici le passage qui correspond, dans l'ouvrage original, au fragment espagnol cité par Corneille:

Gormatii comitem Gometium non multo antea, in privata contentione, adacto in viscera gladio peremerat (Rodericus Diacius). Occisi patris, pro quo supplicium debebatur, merces Semenæ filiæ conjugium fuit; quum illa juvenis virtutem admirata, sibi virum dari, aut lege in eum agi regem postulasset. Rodericus, ad paternam ditionem, dotali principatu occisi soceri auctus, viribus et potentia validus, etc.

(Mariana, Historiæ de rebus Hispaniæ lib. IX, cap. V.)

[188-a] Afin de pouvoir, sans paraître se donner trop de licence, ramener toute l'histoire à un seul jour, Corneille se sert un peu artificieusement du texte de Mariana, dont les mots: pocos dias antes (dans la rédaction latine: non multo antea) viennent immédiatement après une phrase où il est parlé de l'âge de trente ans qu'avait alors Rodrigue; cette phrase fait partie du récit d'une querelle que faisait au roi Fernand l'empereur Henri II. Dans les romances, il y a un assez long intervalle entre le duel et le mariage. Il paraît même que Chimène était encore une enfant lors du duel et ne fit sa démarche auprès du Roi qu'après un certain nombre d'années.

[188-b] Publiée pour la première fois en 1601, à Tolède, chez Pedro Rodriguez, 2 vol. in-folio.

[189] Corneille a-t-il ici en vue les deux chroniques dont parle M. Damas-Hinard (Romancero, tome II, p. 52), ou bien les deux ouvrages connus sous les noms de Chronique rimée et de Poëme ou Chanson du Cid, dont il est question au chapitre 1, p. 3, des Documents relatifs à l'histoire du Cid, publiés par M. Hippolyte Lucas?

[190] Doña Elvire, fille aînée du Cid, épousa le roi don Ramire de Navarre, et doña Sol, la cadette, l'infant don Sanche d'Aragon.