[876] Cette épître dédicatoire, ainsi que l'extrait de Sénèque qui la suit, ne se trouvent que dans l'édition originale et dans les recueils de 1648-1656.—Pierre du Puget, seigneur de Montauron ou Montoron, des Carles et Caussidière, la Chevrette et la Marche, premier président des finances au bureau de Montauban, mourut à Paris le 23 juin 1664. Tallemant des Réaux nous apprend dans son Historiette sur Louis treizième (tome II, p. 248) que «Montauron avoit donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna.» Ce témoignage, qui émane d'un allié de Montauron, car sa fille naturelle avait épousé Gédéon Tallemant, est beaucoup plus digne de confiance que l'assertion du Journal de Verdun (juin 1701, p. 410), qui porte à mille pistoles le présent de Montauron. La libéralité de ce financier envers les gens de lettres et leur empressement à lui adresser des dédicaces étaient devenus un sujet de plaisanteries et d'allusions de toutes sortes. Dans son Parnasse réformé (p. 132 et 133), Guéret propose les réformes suivantes: «Article X. Défendons de mentir dans les épîtres dédicatoires. Article XI. Supprimons tous les panégyriques à la Montoron....» Ailleurs, dans sa Promenade de Saint-Cloud (imprimée dans les Mémoires historiques et critiques de Bruys, Paris, 1751, in-12, tome II, p. 238), Guéret se commente ainsi lui-même: «Si vous ignorez ce que c'est que les Panégyriques à la Montoron, vous n'avez qu'à le demander à M. Corneille, et il vous dira que son Cinna n'a pas été la plus malheureuse de ses dédicaces.»—Du reste, à cette époque, comme le fait remarquer Tallemant (tome VI, p. 227, note 2), «tout s'appeloit à la Montauron.» Pierre Gontier, dans un passage de ses Exercitationes hygiasticæ (Lyon, 1688, p. 111), cité par M. Paulin Paris, parle de petits pains au lait à la Montauron; et Tallemant nous raconte une sanglante allusion à cette façon de parler, qui tombe fort directement sur un membre de sa famille: «Une fois, dit-il, aux Comédiens du Marais, Monsieur d'Orléans y étant, quelqu'un fut assez sot pour dire qu'on attendoit M. de Moutauron. Les gens de Monsieur d'Orléans le firent jouer à la farce, et il y avoit une fille à la Montauron qu'on disoit être mariée Tallemant quellement.» La fortune de Montauron ne suffit pas longtemps à ses prodigalités insensées, et bientôt Scarron put écrire le passage suivant, rapporté par M. Paulin Paris dans son commentaire sur Tallemant des Réaux (tome VI, p. 235):

Ce n'est que maroquin perdu
Que les livres que l'on dédie
Depuis que Montauron mendie;
Montauron dont le quart d'écu
S'attrapoit si bien à la glu
De l'ode ou de la comédie.

[877] Var. (édit. de 1648-1656): Cela étant, ne puis-je pas avec justice donner le portrait de l'une de ces héroïques vertus à celui qui....

[878] Var. (édit. de 1648-1656): tout ensemble la cause et l'effet l'une de l'autre? Je le puis certes d'autant plus justement que je vois votre générosité, comme voulant imiter ce grand empereur, prendre plaisir à s'étendre sur les gens de lettres, en un temps, etc. (voyez p. [372]).

[879] C'est cette flatterie, supprimée par Corneille dès 1648 (voyez la note précédente), qui a fait dire à Scarron: «Soit que la nécessité soit mère de l'invention, ou que l'invention soit partie essentielle du poëte, quelques poëtes au grand collier ont eu celle d'aller chercher dans les Finances ceux qui dépensoient leur bien aussi aisément qu'ils l'avoient amassé. Je ne doute point que ces marchands poëtiques n'ayent donné à ces publicains libéraux toutes les vertus, jusques aux militaires.» (Dédicace A très-honnête et très-divertissante chienne dame Guillemette, petite levrette de ma sœur, en tête de: la Suite des Œuvres burlesques de Mr Scarron, seconde partie. Paris, T. Quinet, 1648, in-4o.)

[880] «Il y en a, dit Scarron dans la dédicace que nous venons de citer, qui rendent de l'encens pour de l'encens, et des louanges pour des louanges.»

[881] Ces deux premiers mots de la phrase manquent dans les éditions de 1648-1656.

[882] Var. (édit. de 1648-1656): de sorte qu'il n'en est point.

[883] Var. (édit. de 1648-1656): Trouvez bon.

[884] Voyez p. [369], note 876.