Peut-être conta-t-il ses siéges, ses combats,

Parla de contrescarpe, et cent autres merveilles,

Que les femmes n'entendent pas,

Et dont pourtant les mots sont doux à leurs oreilles.

Enfin les choses en étaient venues à ce point que ces termes avaient passé des récits guerriers aux déclarations d'amour, dont elles formaient le langage technique: «Il y en a plusieurs, dit le Commandeur introduit par Caillières dans son livre des Mots à la mode, qui, voulant exprimer leur attachement pour une dame ou quelques autres desseins particuliers, ne parlent que d'attaquer la place dans les formes, de faire les approches, de ruiner les défenses, de prendre par capitulation, ou d'emporter d'assaut[262].» On doit même croire que ces termes formaient dans certains cas pour les amants une sorte de chiffre complet et suivi, car, dans la scène du Menteur citée plus haut, Dorante dit à Cliton:

Si jamais un fâcheux nous nuit par sa présence,

Nous pourrons sous ces mots être d'intelligence[263];

et dans une des scènes suivantes Cliton, se rappelant ces paroles, s'exprime ainsi à son tour:

....Je suis ce fâcheux qui nuis par ma présence,

Et vous fais sous ces mots être d'intelligence[264].